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mardi 24 mars 2020

Confinement : 6ème page


[...]

*


Un ballon traverse la route devant moi. Un garçon d'une dizaine d'années lui court après. J'arrête la voiture et baisse la fenêtre pour l'interpeller.
Tu as de la chance, je ne roulais pas vite. A ton âge, tu devrais savoir qu'il faut regarder avant de traverser.
Je l'ai fait, m'dame, me dit-il. J'ai vu que vous arriviez doucement.
Sa réflexion m'agace.
Tu n'as rien à faire sur la route, et les ballons, leur place est dans un stade. C'est à cause des enfants comme toi qu'il y a des accidents dans les villages.
Je n'ai pas fait exprès. Je jouais dans la cour avec un copain, et il est passé au-dessus de ma barrière.
Je lui répète que sur un stade, ce genre de choses n'arriverait pas. Il hausse les épaules et s'éclipse avec son ballon.
Je supporte de moins en moins cette jeunesse irrespectueuse, encore moins les parents qui laissent les gamins livrés à eux-mêmes. Ils feraient mieux d'aller aider leurs parents, et les parents feraient mieux de leur donner du travail.

J'enclenche la première et poursuis ma route. Ce matin, je suis allée faire des courses à la supérette. Il y a eu un changement de gérance, je n'aime pas le nouveau, il sourit trop, et les gens qui sourient trop, c'est pas bon. Il y a une arnaque quelque part. Heureusement, les produits n'ont pas augmenté, sans quoi il m'aurait entendu. C'est déjà suffisamment cher comme ça.Heureusement, les produits n'ont pas augmenté, sans quoi il m'aurait entendu. C'est déjà suffisamment cher comme ça.
J'appuie sur la télécommande lorsque j'arrive devant le garage, la porte s'ouvre automatiquement. Je range la voiture et ressort avec mon panier. Il n'est pas très lourd, je fais les courses chaque jour pour m'éviter cette contrainte : avoir des sacs encombrants et difficiles à transporter. Les déplacements en voiture facilitent la tâche, Louis me disait que j'utilisais la voiture pour pas grand-chose, il avait tout le temps un truc à redire sur mon fonctionnement. Les lampes allumées, les trajets en voiture, le lave-vaisselle mal rempli, le lave-linge à moitié vide. Des sujets de dispute constants, surtout après sa retraite. Il était devenu insupportable. Il y a quatre ans, il est parti. Il a fermé une dernière fois la porte, traînant derrière lui une petite valise avec l'essentiel. Il avait laissé tout le reste, disant qu'il n'en avait pas besoin, qu'il n'y avait qu'à le donner au secours populaire. Il voulait prendre un nouveau départ, se contenter du minimum, le changement, c'est pour maintenant, avait-il dit en me quittant. Il m'a abandonnée d'un signe de la main. Me laissant l'appartement.
Tu as rencontré quelqu'un ? lui avais-je demandé.
Oui, la raison.
T'as raison ! l'avais-je raillé. La folie, oui ! La raison t'aurait incité à rester.
Et toi, à changer.
Question de point de vue.
Effectivement, et nos points de vue divergent. La séparation, c'est lorsque nous ne sommes plus capables de nous entendre sur les choses essentielles de la vie.
Je l'avais regardé disparaître dans les escaliers. Il avait même délaissé l'ascenseur, Môssieur pensait qu'il fallait faire attention à toutes ces choses ridicules du quotidien, chaque démarche personnelle pouvait engendrer une démarche collective. Éteindre les lumières, se déplacer à pied ou à vélo. Qu'en plus, notre corps nous remercierait. Plus d'activités, donc moins de problèmes cardio-vasculaires. Môssieur était devenu philanthrope, écolo, réactionnaire. Môssieur était devenu penseur et fourmillait de bonnes pensées. Moi, je n'étais qu'une idiote. Non, m'avait-il dit, un jour, peu avant la séparation. Tu ne veux simplement pas changer, ni sortir de ta zone de confort.



1 commentaire:

  1. bonjour benoit
    tu as une sacree imagination, je te te lit tout les jours comme je ne travaille plus, chantier arrete, on put encore skier au glieres on est confine en attendant des jours meilleurs

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