Nouveau roman "Trois Petits Pas"

https://www.amazon.fr/Trois-petits-pas-aventures-Parisien/dp/2954203021/ref=sr_1_1

lundi 19 octobre 2026

Mon Grand Trail du Lac en 10 parties

Si vous suivez un peu mes écrits (ce que j'espère), j'avais fait un Ultra Récit en 5 parties sur mon UTMB. Une manière de mettre un peu de suspense au fil des publications, créer l'attente auprès du lecteur, et aussi de ne pas faire des textes interminables et indigestes.

Dimanche, j'étais sur le Grand Trail du Lac (très grand merci aux organisateurs pour leur invitation de dernière minute), et le moment est venu pour moi de faire mon compte rendu.

Je ne vais pas vous ennuyer avec ma nuit dans la voiture qui n'avait rien d'extraordinaire (matelas confortable, sac de couchage 15°, boules quies au cas où, en souvenir de ma précédente édition il y a six ans).

Place à l'incroyable récit de course.(J'ai cette fois-ci décidé de condenser toutes les parties).

GTL (partie 1)
Départ.

GTL (partie 2)
Je gère

GTL (partie 3)
Je galère

GTL (partie 4)
Qu'est-ce que je fous là ?

GTL (partie 5)
Jamais plus jamais de trail

GTL (partie 6)
Ah, la forme a l'air de revenir. Le trail, c'est finalement pas si mal.

GTL (partie 7)
Ah non. La forme est repartie. Le trail, c'est complètement nul. Terminé les dossards.

GTL (partie 8)
Ah si, je me sens mieux. Peut-être un dossard l'année prochaine.

GTL (partie 9)
Finalement non.

GTL (partie 10)
Arrivée.

Digne d'un roman d'Agatha Christie. 
Pour résumer (ok, je vous l'accorde, ça va être dur de résumer ces 10 parties), la course ne s'est pas passée comme je le souhaitais. Tout comme les trois longues courses auxquelles je me suis aligné cette année (Maxi Race et UTMB). 
Pas sûr que l'on me revoit sur un grand format l'année prochaine, je crois que le plaisir est parti quelque part (dans les pages de mes livres, peut-être). Je pense retourner sur des formats plus courts, type KV et courses de moins de quatre heures, qui demandent moins de préparation et seront plus facile à caler dans le calendrier.
Mais à prendre avec des pincettes, car on le sait très bien, en trail, s'il y a une chose de sûre, c'est que le "jamais plus jamais" n'existe pas.





dimanche 4 octobre 2026

La France brûle

Je ne suis pas croyant. De ce que je sais de nos religions, elles encouragent la paix, l'amour, le respect, la bienséance. 
Aimons nous les uns les autres. Jésus doit se retourner dans sa tombe, à voir comment sa Terre est saccagée. Parfois, j'imagine quelqu'un là-haut qui nous regarde d'un œil curieux, et je ne sais s'il doit rire ou pleurer. 
Je ne comprends plus notre pays.
Je ne comprends plus cette violence.
La semaine dernière, je discutais avec un gendarme qui paraissait dérouté. Un homme qui aimait son travail, dont le seul but était d'aspirer à un monde meilleur. La France ne brûlait pas encore. L'homme me racontait les projectiles, les insultes et les crachats sans raison.

Nous avions promis d'avancer après les grandes guerres. Le Covid aurait pu nous enterrer, nous avons survécu et avions alors tous de grandes et belles résolutions. 
L'aspiration, surtout, d'un Monde meilleur.

Aujourd'hui, la France brûle. Je ne sais pas où s'arrêtera cette frénésie, décuplée par les réseaux. Partout, les téléphones sont allumés, donnant du crédit à cette violence sans en comprendre les fondements. Dans un pays qui va mal, les accusés sont omniprésents. 
On va pointer du doigt la jeunesse. Ou les forces de l'ordre.
Et nous, dans tout ça ? Nous qui devrions et aurions dû enseigner à nos enfants ces plus belles valeurs et en faire notre plus grande profession de foi, où sommes nous, où étions nous ? 
Que restera-t-il de nous, à l'heure du grand bilan ? La vie est si courte, mérite-t-elle toute cette haine, cette démence? 
Critiquons sans vergogne, bafouons la constitution et jetons les lois pour instaurer les nôtres, gavons-nous de clichés que nous distillons pour maudire nos voisins, c'est tellement facile.
Mais dans notre tombe, à quoi nous aura servi cette malveillance ? A quoi serviront nos téléphones et toutes ces images haineuses que nous aurons traînées comme un fardeau tout au long de notre vie ?
A quoi nous serviront ces révolutions et ces bains de sang ?
A quoi nous servira toute cette folie ?
Sûrement pas à un Monde meilleur...





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lundi 28 septembre 2026

Trois petits pas et mes rêves de romancier

Il y a quelques mois, je publiais mon quatrième ouvrage Trois Petits Pas. J'ai fait le pari (risqué) de faire une édition à la demande sur la plateforme KDP d'Amazon.

Initialement, deux options s'offraient à moi: soit trouver un contrat auprès d'une maison d'édition, soit passer par l'autoédition. 

Après quelques envois à divers éditeurs, j'ai finalement opté pour la deuxième option. J'ai essuyé quelques refus, mais j'ai aussi eu des propositions de contrat qui ne m'ont pas convaincu.

Pourquoi Amazon ?

L'autoédition grâce à Internet a révélé des auteurs aujourd'hui reconnu. Je me suis dit qu'à mon tour, j'allais tenter ma chance. Malheureusement, le marché est aujourd'hui inondé de parutions, notamment à cause de l'IA. J'ai découvert en mettant mon livre sur le marché que beaucoup de personnes (je ne vais pas parler d'auteur ni d'écrivain, car ces termes en perdraient leur valeur intrinsèque) conceptualisent et publient des ouvrages en quelques heures à peine.

Si mon livre est un succès critique (j'ai reçu énormément de retours positifs), je suis encore bien loin des ventes qui en feraient un best-seller (même si la librairie des Aravis à Thônes en a vendu bientôt 80 exemplaires!).

Pourquoi suis-je déçu ? 

D'une part, j'espérais une meilleure mise en avant de la plateforme. D'autre part, beaucoup de lecteurs sont réfractaires aux achats en ligne de romans (et je les comprends! Rien ne vaut les conseils d'un libraire). Mon livre est présent dans les librairies locales, mais j'avais l'espoir, grâce à la plateforme, de toucher des lecteurs dans les quatre coins de l'hexagone (enfin, plutôt les six coins).

J'ai envie de vous dire: foncez l'acheter. C'est satisfait ou remboursé. Si vous n'esquissez pas le moindre sourire à la lecture de ses pages, je débarque chez vous pour vous offrir une boîte de chocolat du meilleur chocolatier de France Cédric Revillard.

Il ne coûte que 12 euros. 12 euros, c'est quoi ? Le prix d'une place de cinéma, d'une pizza, d'un repas de midi (ingurgité en moins d'une demi-heure). D'un paquet de clopes (à troquer sans modération contre les pages de mon livre, dites vous que je fais une bonne action, je vous évite un cancer), ou d'un cocktail dans un bar.

En plus, Noël approche. C'est dans moins de trois mois. Sincèrement, un livre (et surtout le mien 😁), c'est le cadeau idéal pour les fêtes. Vous pouvez en commander plusieurs, et les offrir à votre moitié, à vos enfants, à vos frères et sœurs, à vos parents, à vos amis. 

Ils vous redonnera goût à la lecture, j'en suis sûr (ça, c'est pour la rime).

Bref, en l'achetant, vous ferez au moins deux heureux. Vous, et moi 😉

Ce sera votre petite BA de l'année !

Les rêves sont faits pour être vécus, aidez-moi à accomplir les miens.









mercredi 16 septembre 2026

Les sentiers de la gloire (l'après UTMB)

Depuis plusieurs jours, j'ai changé de statut. Il y a une vie avant, et après l'UTMB. Surtout lorsqu'on en repart avec un record dans la besace.
Je ne pensais pas que le trail était à ce point médiatisé. A chaque coin de rue, j'ai désormais droit à une demande d'autographe. Il y a bien entendu les timides, qui n'osent pas s'approcher.

- Non, c'est pas lui. Il est moins grand... Plus trapu... Si, tu crois vraiment ?...

Je fais celui qui n'entend rien. Magnanime, j'offre un sourire avenant et incite les plus réservés à faire un pas dans ma direction. Je ne suis pas avare en temps.

Cette édition 2026 aura signé le début d'une vraie carrière d'athlète. Mais je ne suis pas genre d'homme à me contenter d'un record. Il faut aller plus loin. Je sais que le chemin ne sera pas facile, et que la gloire se fera au prix de grandes concessions. Je sais faire preuve d'abnégation. 
Je vois d'ici les grands titres: "Aux prix d'un immense effort, l'homme a réussi à passer le tiers de sa course à se reposer".

Oui, sur l'UTMB, j'ai passé le quart de ma course à l'arrêt. La marche suivante me paraît facilement atteignable. Il faudra que je m'attaque ensuite à la moitié. J'ai des étoiles plein les yeux rien qu'à l'évocation de cette prouesse.
Se reposer, dormir la moitié de la course. Ma compagne me traite souvent de feignasse. C'est l'occasion ou jamais de lui donner raison. 
La gloire, la vrai, m'attend juste devant les pieds.

Punaise, j'en ai déjà des frissons...




mercredi 9 septembre 2026

UTMB - 5ème (et dernière) partie

Oui, je sais. Là, ça commence à être L'URMB (Ultra Récit du Mont Blanc).
Je commence à vous Ultra Saoûler. En plus, cette manière agaçante de distiller le récit en différentes parties...
Allez, je ne vais pas en rajouter, place aux faits. Vallorcine dans le viseur. 
J'ai passé l'infernale montée des Tzeppes, la mort dans l'âme. Plus de signe de Simon. Simon, mon pote, mon copain, mon héros. Lui avec qui j'ai passé des moments incroyables, partagé les pires peines, les plus grands chagrins. Notre amitié avait traversé les Océans (ou juste la Mer du Nord, entre Calais et Douvre, 30km au bas mot. C'est pas encore la distance d'un Ultra, mais c'est comme si). Cet Anglais qui paraissait si Français...
Oui, j'en fait des tonnes. Quand on est dans le mal, tout est exacerbé. Simon (à prononcer [SAÏMONE]) a disparu à Trient. Je n'ai pas réussi à le motiver pour poursuivre notre invraisemblable, magique, incroyable épopée. Je viens de perdre un pote incroyable avec qui j'ai partagé trois phrases et quelques onomatopées. 

L'obscurité commence à poindre. Verbe poindre. Au présent: l'obscurité point. Je me pose la question de la conjugaison au futur. Poindra ? Alors au passé... Il pointait ? Poignait ? 
Je n'invente rien. Voilà ce qui m'obsède pendant de nombreuses minutes. La conjugaison du verbe poindre à tous les temps et toutes les formes.
J'essaie d'occuper mon cerveau, je commence à divaguer, je vois des bouts de bois se transformer en pain au chocolat. J'appelle Léonie, il est vingt heures, les boulangeries sont fermées. Elle me suggère une pizza. Je vois les parts dégoulinantes de fromage bien gras, l'image me fait rêver, mais ce n'est pas pour ça que je peux aller plus vite.
J'appelle Isa. Elle est rentrée à la maison avec les enfants. 
-Mais on revient te voir à l'arrivée ! me coupe-t-elle d'un coup, alors que je parle d'abandon.
On cale un horaire, neuf heures demain. Je n'ai aucun intérêt à continuer de marcher dans la nuit. Ou alors en mode zombie, à faire peur aux concurrents pour éviter de perdre trop de places.

A Vallorcine, Léonie ne m'a pas abandonné. Je lui avais suggéré de rentrer. Se reposer. Dormir. Je n'avais pas prévu de lui faire vivre une si longue journée. Mais elle est là, fidèle au poste. Avec la pizza. Le coca. Les bonbons. Le saucisson et les cocktails apéro. Manque plus que la bière et le génépi. Au point où j'en suis, autant se mettre une bonne cuite.
-T'as l'air frais, me fait Léonie en rigolant.

Repas du parfait sportif


On partage la pizza, et il est temps pour elle d'aller dormir. Moi, c'est lit de camp. Je prends mes aises (et surtout une couverture) et surtout, je dors.


Qu'elle va être belle, ma nuit


A une heure du matin, mon téléphone me réveille. Je n'ai pas le temps de décrocher. Je cherche dans mon sac mon téléphone. Je farfouille plusieurs minutes, avant de me rendre compte que mon sac n'est pas mon sac, mais celui de mon voisin. 
Oups. Je trouve mon téléphone et pianote sur l'écran, allongé sur le lit. Un visage me dévisage d'en haut.
-C'est vous Benoît ?
Je souris de toutes mes dents. Oui.
-Ah, on vous cherchait partout. Sur le logiciel, on vous a vu rentrer, mais jamais ressortir. Vous prévoyez de rester encore longtemps? 
Je regarde ma montre.
-Encore trois heures.
La femme éclate de rire.
-C'est la première fois que je vois un coureur peu pressé de rallier la ligne d'arrivée!
Je me tourne, et qui je vois en face de moi?
Simon. L'ami de ma vie. 
-Oh, mon pote, t'es là?
Il me regarde, surpris.
-Yes.
-On va le faire, mon pote. On va y arriver. Toi et moi jusqu'au bout du monde.
Je continue à parler, jusqu'à ce que je me rende compte que Simon... n'est pas Simon. Mais un sosie. Ou quelqu'un qui lui ressemble. Ou alors pas trop. Faut dire qu'en ayant partagé cinq minutes de vie avec Simon (et surtout son dos vu qu'il marchait devant moi), je ne suis plus vraiment sûr de son visage.

A quatre heures du matin, j'ai droit à un massage, avant de repartir. Je traîne. Quatre heures trente. J'ai une envie folle d'y aller. Ce qu'il y a de bien, à cette heure tardive et matinale, c'est que j'ai plein d'amis qui marchent à mon rythme. Oui, passé un certain temps de course, c'est le bal des éclopés. Ceux qui se sont fait une cheville. Un genou. Qui ont une tendinite. Qui ont mal au cerveau. Heureusement, il y en pour qui tout va bien, mais qui mettent juste un peu plus de temps.


Le temps d'une photo


Quand j'atteins la Flégère, dernier point culminant du tour, il fait déjà bien jour. Je discute avec les bénévoles du ravitaillement qui me présentent deux magnifiques parts d'un gâteau crémeux au chocolat. Personne n'en veut, me disent-ils. Et les mouches vont bientôt arriver. Alors je donne de ma personne, je fais un bon geste. En bon samaritain, je les engloutis d'une traite. Pour éviter que les mouches se servent.
Et enfin, Chamonix. La famille est là. Léonie est venue aussi.
L'arrivée se fait avec les enfants, main dans la main. Il est huit heures trente, l'arrivée ne casse pas trois pattes à un canard, à part quelques couche-tard (ou lève tôt), il n'y a personne.


Attente (interminable) des enfants. Enfin, il est là ?!!!


J'aurai bouclé ma boucle. J'avais eu mille scénarios. Rêvé d'un top 20. De pouvoir parler de mes talents d'écrivain. D'avoir enfin une belle occasion de parler de mon dernier bouquin, dont les critiques sont très positives, mais auquel il manque un coup de projecteur pour le mettre en avant.
Bon, ok, je suis finisher.
On m'a cité Courbertin il n'y a pas si longtemps: "L'important, c'est de participer". Pour le moment, pas sûr que je m'en satisfasse.

A l'occasion de cet UTMB, plusieurs records sont tombés. Et figurez-vous que je détiens peut-être l'un des plus grands d'entre eux.
Je suis le coureur qui a passé le plus de temps sur les bases de repos. Temps total: 7h27mn22sec. Si je compte les arrêts intempestifs et les différentes pauses sur le bord des sentiers, j'en suis à près de 8h30.
Il n'y a pas de petite gloire.
Des super-héros, vous connaissiez l'homme araignée, l'homme chauve-souris, l'homme fourmi. 
Mais aucun n'arrive à la cheville de l'homme escargot.

Et bon, de vous à moi, avec un dossard 317, je ne vois pas comment la course aurait pu bien se dérouler.
317, si on enlève le 7 et qu'on inverse le 3 et le 1, ça fait...

Merci ma famille, pour les encouragements et le final
Merci mille fois Léonie pour le temps que tu as pris pour venir
Merci les amis et tous ceux qui m'ont suivi et encouragé, de près ou de loin
Merci à mes partenaires: Rossignol, Cr'oc&Go, Nutripure, Julbo, Sidas, Lagolight, la Foulée d'Annemasse

On se revoit bientôt ;o)




lundi 7 septembre 2026

UTMB - 4ème partie

- POUR UNE FOIS DE TA CHIENNE DE VIE FERME TA GRANDE GUEULE

Court échange avec ma petite voix, dont je ne parviens plus à me séparer. J'aimerais bien l'abandonner quelque part au bord du sentier. Je sais pas, moi, va te chercher un autre coureur, vérifie bien qu'il ne fait pas sa bouse au milieu du chemin, mais lâche-moi un peu les basques.

Instant grossier, les nerfs qui lâchent. 

Désolé, mais il y a un moment ou faut dire les choses. C'est dingue comme avec la fatigue, on en vient à ne plus se supporter soi-même. Je me sens nul, con, moche. Ce que valide bien entendu ma petite voix (et s'il vous plaît, amis lecteurs, inutile d'en rajouter).


La voix se tait un instant. Je suis en train de longer le lac de Champeix. J'ai envie de piquer une tête, ja sais que ça me ferait un bien fou. Tout me pousse à y aller, ne serait-ce que le contact de l'eau froide sur mes cuisses. Mais j'ai la flemme d'enlever chaussettes et chaussures. Oui, ça tient à peu de chose. Je suis parti depuis plus de quinze heures, cent vingt bornes au compteur et la seule chose qui me retient, c'est la flemme de me délacer. D'un autre côté, vu mon état, je serais bien capable de tomber et de me noyer dans cinquante centimètres d'eau. Il y a quand même un truc qui tourne pas rond dans mon cerveau. En fait, j'ai toujours l'espoir de pouvoir recourir, d'avaler les kilomètres comme on avale un spaghetti, de recommencer à prendre du plaisir. Apprécier la distance. La nature, le vent sur la peau.

Dans une autre vie, oui.





Les descentes sont interminables. Je m'appuie sur mes bâtons, rêve de montée. Oui, au moins, dans les montées, j'ai l'impression de ne pas être trop manchot (expression de la langue française, même si cul de jatte serait plus approprié dans ce contexte). Après une descente technique et un faux plat qui me paraissent interminables, j'arrive enfin au pied d'une montée. Et...

- Nooooonnn, pas une montée.

En fait, j'en suis au stade où je ne veux plus rien. Plus de trail, plus de dossard. Mais qu'est-ce qui m'a poussé à me mettre dans cette galère. Quel abruti a pu faire germer une telle idée à la con, quel..

Euh... Toi.

Petite voix. Toi. Moi. Ok, bon, réflexion faite, c'était une idée de génie.

Mais le génie, là, il bafouille son trail. Je me fais doubler, doubler, doubler. Je cherche des compagnons de galères. Je rejoins Simon, un anglais que j'essaie de motiver, qui paraît être dans le même état que moi. D'une pâleur inquiétante (normal pour un anglais, me direz-vous), et à l'arrêt dans les montées (d'une autre côté, les montagnes pour les anglais, c'est une chimère).

Pour passer le temps, je me raconte des histoires, j'imagine comment présenter mon récit à venir, je me dis que j'aimerais bien me fouler une cheville, m'ouvrir un genou sur un rocher, me taper la tête contre un arbre après un dérapage incontrôlé, m'empaler sur un sapin déraciné. Bref, si n'importe quel prétexte peut se présenter sur mon chemin, je suis preneur. Sauf que rien.

Rien de gore, pas la moindre entrailles accrochées à une branche, je suis parti pour traîner ma croix jusqu'au bout. À Trient, je n'ai même pas le courage de faire le crochet à la tente de ravitaillement pour prendre un morceau de saucisson. Je ne ferai pas le moindre mètre supplémentaire.


Descente sur Trient



Léonie est venue m'encourager. Elle avance quelques instants à mes côtés.

-Tu vas vite, là, non?

Non, c'est pas elle qui me dit ça, mais moi. Attention, hein, quatre à l'heure, c'est bien au-delà de la vitesse de croisière du moment. Ce serait pas le moment de faire une sortie de route.

-On se retrouve à Vallorcine? me demande-t-elle.

Ai-je le choix? Il me reste une trentaine de kilomètres.

Je n'ai plus qu'à prendre mon mal en patience et espérer arriver à Vallorcine avant la nuit. Pour Chamonix, on verra. Je crois que je vais camper à Vallo. Je ne suis plus à une nuit près.