Nouveau roman "Trois Petits Pas"

https://www.amazon.fr/Trois-petits-pas-aventures-Parisien/dp/2954203021/ref=sr_1_1

samedi 1 août 2026

Pyrénées, sur les hauteurs du GR11

Sallent et de Gallego est un village magnifique, plus beau encore que Panticosa. Gris de pierres taillées, avec sa rivière aux eaux turquoises. Nous prenons le temps de manger, un petit déjeuner fait de viennoiseries achetées au passage. La nuit a laissé des traces sur nos visages boursouflés, les chiens du chenil ont hurlé chaque quart d'heure. Encore une nuit chaotique, la veille, le vent avait fouetté notre maigre toile de tente sans relâche. Depuis l'an passé, nous avons opté pour la légèreté, mais le confort s'en ressent parfois.



Le Tourmalet, col mythique, s'échappe sur notre gauche. Le GR11 nous emmène jusqu'au refuge de Respomuso. Le chemin est traversé par de nombreuses rivières, ici, aucune de trace de canicule ni de sécheresse, l'impression d'être dans un monde à part. À chaque pas, je lève la tête, essaie de graver les paysages dans mon cerveau, qui, je sais, finira par se noyer tant je l'inonde de toutes ces vues incroyables. 


À Respumuso, un soda plein de sucre accompagne notre repas. C'est mérité, il faut bien quelques récompenses à ces marches folles, et les paquets de bonbons des enfants diminuent à vie d'œil. En ce moment, j'aimerais surtout qu'on fasse un effort sur la nourriture, la vraie, les pâtes, le couscous et le riz, histoire d'alléger le poids de mon sac. Le ravitaillement effectué ce matin lui a donné trop d'embonpoint. Je tire la langue, j'ai peur que mes genoux grincent. Vingt, vingt-cinq kilos peut-être, une estimation à la louche. Qu'importe, il faut avancer.




Les lacs sont innombrables. L'après-midi, cette fameuse après-midi, en voyant les enfants jouer les bergers au milieu des moutons, je comprends. Tous ces efforts, ces gouttes de sueur, ces maux de dos, ces courbatures. Certains diront : tout ça pour ça. Alors oui, j'insiste, tout ça pour ça. La beauté d'un monde sauvage, Isa est en train de lire sous le vent, les enfants rient de rien, de tout. Ici, je me dis que le temps n'a aucune prise, il nous laisse l'essentiel : respirer, être en paix avec nous-mêmes. Alors je répète sans arrêt à qui veut bien l'entendre "c'est beau, hein ?" C'est plus fort que moi, une question qui n'est est pas une et n'a besoin de l'aval de personne, mais j'ai besoin de la poser, d'avoir un consentement, savoir que eux aussi vivent ce que je vis, voient ce que je vois.



Lorsque nous mangeons, Lucas dit qu'il neige. Nous levons la tête. Dans le ciel volent des flocons de cendre. La Terre pleure ses larmes de feu. Le vent venu du nord joue avec les étoiles grises échappées de feux de forêts. Le pays brûle, un nuage grisâtre s'arrête dans la vallée contiguë, plus loin, ce doit être Tarbes, dont les arbres grillés sont décimés à coup de flammes. Le Monde s'embrase, en France, en Europe, partout. La sécheresse, dont nous sommes en partie responsable. La Terre nous envoie ses représailles. Est-il encore temps de trouver une solution. Et surtout, le voulons-nous vraiment ?


jeudi 30 juillet 2026

Les Pyrénées, GR11, Panticosa et Sallent de Gallego

Toujours les mêmes gestes. Chaque secondes, chaque minute, chaque jour. Jambe gauche bras droit, jambe droite bras gauche. Avancer, souffler, respirer, s'arrêter, regarder, repartir.


L'altitude rend les mouvements plus lents, il faut accorder son corps à sa tête, sa tête à son corps. Le paysage, lui, s'accorde à tout. Ici, loin des Hommes, tout est plus doux, plus sauvage, plus lent. Plus beau. Les chemins, trop peu foulés, perdent leurs traces entre prairies et rochers. La carte nous rassure, nous sommes sur la bonne route, et il se passe une journée sans que nous ne croisions le moindre marcheur. Au début, les montagnes nous rappellent les Alpes. Tout ça pour ça, traverser la France pour finalement avoir les mêmes vues... Mais à mesure que nous cheminons, elles deviennent à part, uniques. Oui, les Pyrénées. Ce petit quelque chose de démesuré. Des vallées plus étroites, peut-être. Ou alors les cirques. 



Finalement, il est difficile de comparer. Nous sommes heureux. Loin de tout. Des hommes. Du quotidien et de sa folie, qui finit par nous happer sournoisement. Pourtant, nous savons, mais il y a ce fameux engrenage. 




Gavarnie était trop fréquenté. Trop proche des routes, des parkings avalant les voitures par milliers. Il y manquait l'authenticité. Mais dès que l'on s'éloigne des sentiers battus, nous retrouvons le silence. Les Izards et les marmottes, déjà grasses d'avoir trop mangé alors que l'été vient à peine de commencer. Notre carte nous indique sur le GR11, et après une longue descente bordée de falaise - un régal pour les yeux -nous faisons une halte à Panticosa. Les maisons sont de pierre, il est midi et la besace est pleine. La chaleur ne nous épargne pas et après une nouvelle heure de marche, nous trouvons un coin d'ombre pour manger. Ce chemin entre Panticosa et Sallent de Gallego est peu à notre goût, mais il faut avancer. Le soir, notre halte se fait au bord d'un lac. Ce que nous ne savions pas, c'est qu'un chenil était juste en face, sur l'autre côté de la berge. Et que les chiens s'en sont donné à coeur joie toute la nuit, qui s'est transformée en calvaire pour nous. Décidément, il nous faut vraiment rester loin de la civilisation !



Lorsque nous replions les tentes, je compte les jours passés. Déjà trois. Dans ma tête, une ritournelle: Se réveiller chaque seconde en ne vivant que pour aujourd'hui. Cheminer toujours, se projeter, s'émerveiller. Ne jamais laisser les doutes ternir la moindre seconde de vie. 

Il est temps de se remettre en route.

samedi 11 juillet 2026

Après les Alpes, les Pyrénées

Une culotte enroulée autour d'une pierre. Façon couche pour bébé, afin d'éviter que les bourrasques ne l'emporte. Un peu plus loin, c'est un short. La pierre encore à côté s'est coltiné mon caleçon. Les chaussettes sont disséminées ça et là. Dépareillées. Tout est en train de sécher, sous les humeurs du vent. De loin, on dirait un camp de manouches. Assis entre deux chardons, je regarde les enfants jouer les bergers pour guider les moutons un peu plus loin de notre lieu de bivouac. Isa est en train de lire un livre... Retour aux sources. À l'essentiel. Loin de tout, du monde, de la vie à cent à l'heure, de l'électronique. De toute façon, ici, il n'y a pas de réseau. Le téléphone ne sert qu'aux photos. Immortaliser les souvenirs qui s'effilocheront au fil du temps. Je ferme les yeux. Savoure. L'an passé, à la même époque, nous nous lancions dans notre première épopée. Les Alpes, de Chamonix à Menton. La descente, comme se plaisent à raconter les enfants. Descente au Sud, parce qu'en terme de dénivelé, on était loin de se la couler douce façon "Et au milieu coule une rivière". 



Cette année, la carte s'est arrêtée sur les Pyrénées. Examen rapide du topo, Gavarnie sera notre point de départ. Nous avons ensuite le choix, Est ou Ouest. Une pièce jetée en l'air. Face: Ouest. Pile : Est. La pièce vole. Retombe. Pile. Ce sera Ouest. Oui, je sais. Mais sur la carte, les lacs affichés ont finalement raison de la pièce. 

À la maison, lorsque je prépare les affaires, les images des Alpes reviennent. Vingt jours de marche, vingt-quatre avec les étapes de repos. Cette fois-ci, ce ne sera qu'une semaine. Une broutille.



Ne rien oublier. Tapis de sol, popote, tentes, affaires de change. Maillots de bain et affaires de plage, parce qu'avant, nous allons nous octroyer une semaine de farniente au bord de l'Océan. À peine arrivés au camping, Lucas chuchote qu'il a hâte d'être en randonnée. Je souris. Savoure. Une pointe (immense) de fierté m'envahit. Je glisse le soir à  Isa qu'au moins, nous aurons réussi une chose dans notre vie en tant que parents. Donner à nos enfants le goût de la nature, de l'aventure. D'une vie simple.

La canicule bat son plein. Même l'Océan, affichant ses vingt-six degrés, ne sait plus comment évacuer la chaleur. Fatigué, il nous offre des ersatz de vagues. Nous transpirons à ne rien faire, la moiteur ambiante nous fait croire sous l'équateur, avec la sensation de suffoquer au moindre geste.



Au bout d'une semaine, les montagnes nous appellent. Dans la voiture silencieuse, chacun médite au sort promis. Un panneau indique Gavarnie. Le Tour y a amené ses cyclistes quelques jours auparavant, restent encore quelques banderoles et peintures au sol. Je laisse ma montre dans la voiture et les treize heures trente qu'elle affiche. Un an après, il est temps de retourner au charbon...



jeudi 18 juin 2026

Tout mon soutien à Justine Braisaz-Bouchet

Les sportifs nous émeuvent, nous transforment et nous passionnent. Ils passent à la télé, gagnent des médailles. Nous jetons notre dévolu sur l'un d'eux, quelques fois plusieurs. Peu à peu, ils deviennent une fraction de nos vies.
Une hâte s'installe à chaque événement, nous faisons partie de leur rituel et eux du nôtre, le sourire à la caméra nous est destiné, leurs succès nous appartiennent.
Nous les mettons sur un piédestal. Nous nous identifions à eux, nous les glorifions. Nous vivons et vibrons à travers leurs victoires, qu'importe leurs travers et leur linge sale. 
Sans nous, ils n'existeraient pas.

Pourtant, au sommet de l'Olympe, on a vénéré des tricheurs, on leur a pardonné. Le présent leur donne encore raison, eux qui n'ont pas de foi et sont au-dessus de toutes les lois. 
Alors nous refusons de les voir tels qu'ils sont. Ils peuvent être menteurs, voleurs, égoïstes, maltraitants, cupides, lâches... Qu'importent les pires défauts, à eux, il faut pardonner, alors que d'autres seraient jugés et iraient en prison pour bien moins. 
Placés au rang de Dieu pour une breloque et un palmarès qui, dans cent ans, seront probablement oubliés.

Ce que je ressens aujourd'hui pour Justine, c'est de la tristesse. Triste du peu de soutien de nos instances, où qu'elles se situent. Parce qu'une médaille, à leurs yeux, a plus de valeur que nos valeurs. Gouvernements et fédérations se valent, ils traînent tous leurs casseroles alors que nous aimerions tant les voir plus sincères, plus justes et transparents. Surtout, plus courageux.

Je ne parle même pas des commentateurs de réseaux sociaux. Les écrans, terrain de jeu des meilleurs entraîneurs du Monde. Sur leur siège, téléphone ou clavier entre les mains, invisibles, ils savent tout, titulaires de nombreux doctorats, thèses, diplômes universitaires. La préparation physique, mentale et science du sport et du jeu n'ont plus de secret pour eux. Prix Nobel de la connaissance et du savoir. De l'humilité aussi. Psychanalystes émérites, ça va de soi, ils sont capables de déceler les moindres failles de l'athlète sans même l'avoir rencontré et n'ont jamais leur langue dans leur poche. Pourtant, ils devraient se la mordre sept fois avant de la sortir.

Je tenais juste à te dire bravo, Justine. Pour ce que tu fais, pour ton courage et ton abnégation. La vie est une question de choix, nous ne devrions pas avoir à nous justifier, encore moins face à tous ces détracteurs. 
Quelques mots de soutien à une athlète à qui on a demandé, somme toute, de ne pas faire de vagues. Dont le seul tort aura été de dire la vérité, dans une société parfois trop gouvernée par le mensonge.

Inutile de rajouter que le mental peut être notre meilleur atout et en même temps notre pire faiblesse. Lorsque les valeurs que nous défendons sont mises en branle, la réussite en pâtit. Comme le dit ce vieil adage, "Bien dans sa tête, bien dans son corps". 
C'était une parenthèse, à ceux qui pensent qu'il est facile de tourner la page.

J'espère que tu reviendras plus forte.
Et même si ce n'est pas le cas, tu as le mérite d'avancer et de rester droite. 
De ça, beaucoup aimeraient s'en vanter.



dimanche 7 juin 2026

J'ai quitté mon travail

Hier, j'ai quitté mon travail. Je ne suis pas parti plus tôt que d'habitude. Je ne l'ai pas perdu.

Je l'ai simplement quitté. 

J'ai pensé à nos ministres, nos députés, nos directeurs, nos présidents. À la corruption, qui gangrène le pouvoir et à tous ces gens de pouvoir aux salaires improbables. À leur manque de scrupule, à l'argent facile, détourné aussi facilement que lors d'une partie de Monopoly

J'ai pensé à nos belles valeurs humaines, celles que nous défendions sur les bancs de classe ou lors de repas de famille. 

Je rêve d'un Monde meilleur. Dans lequel nous pouvons nous regarder dans la glace chaque matin. Sans honte. 

Si j'ai de la tristesse, c'est de savoir que l'on peut agir impunément, qu'en haussant un peu la voix, en s'apitoyant sur son sort, les plus grands mensonges sont pardonnés. Savoir que finalement, tant cautionnent ces injustices et que les promesses d'un avenir meilleur ne sont qu'illusions perdues.Que nous défendions auprès de nos enfants. Le respect, l'honnêteté, la bienveillance, le courage.

Aujourd'hui, nous mettons au pouvoir des Trump, des Sarkozy, des Lang, des Cahuzac, pour ne citer qu'eux. Une liste qu'on ne peut énumérer tant elle est longue. Nous sommes dirigés par des menteurs, des voleurs, des profiteurs. Nous applaudissons des Virenque, des Jalabert, des Armstrong. Des Hingis, des Jones et des Lewis.

Plutôt que de nous révolter, nous ignorons, pire, nous cautionnons.

Je rêve d'un Monde meilleur. Dans lequel nous pouvons nous regarder dans la glace chaque matin. Sans honte. 

Si j'ai de la tristesse, c'est de savoir que l'on peut agir impunément, qu'en haussant un peu la voix, en s'apitoyant sur son sort, les plus grands mensonges sont pardonnés. Savoir que finalement, tant cautionnent ces injustices et que les promesses d'un avenir meilleur ne sont qu'illusions perdues.

Ma colère finira peut-être par s'apaiser. Comme dans toute séparation, seul le temps saura l'atténuer.

Hier, j'ai quitté mon travail. Je ne voulais plus côtoyer les menteurs ni les voleurs. Je n'en pouvais plus de la lâcheté. Des histoires d'argent. De l'abus de confiance.

Hier, j'ai quitté mon travail.

Mais je l'ai quitté la tête haute.




jeudi 4 juin 2026

MaxiRace 2026

Je n'ai pas terminé ma MaxiRace

Ok, je viens de tuer tout suspens de ce récit. C'est un peu comme si je vous annonçais en début de lecture d'un thriller qu'ils vont tous mourir à la fin, tués par Monsieur Moutarde avec le couteau à beurre (sans dent et avec bout arrondi, c'est dire si ça peut faire mal).
Cette année encore, et pour la troisième fois d'affilée, j'avais un ravitailleur/suiveur de choc en la personne de Titouan, venu effectuer mon assistance écolo sur son vélo. Adepte des sorties au long cours, ce n'était pas les quelques 200km sur les routes qui allaient l'effrayer.
Malgré une semaine un peu intense au boulot, j'étais prêt à affronter les cimes bordant le lac d'Annecy, d'autant plus que cette année, la course offrait une grande nouveauté: nous allions effectuer le tour dans le sens horaire. Hormis quelques passages communs aux dernières années, nous empruntions des sentiers inédits avec un détour par Talamarche, puis une incursion dans les Bauges après la base de vie de Doussard.
A 1h25 du matin (autant vous dire que je cherche encore ce qu'il a été de la nuit sur l'oreiller), une belle bande d'illuminés s'est mis en quête du tour du lac. Je retiens encore le footing dans la vieille ville pour rallier la ligne de départ, au milieu de tous les fêtards allant de bars en boîte de nuits, marchant de travers et n'arrivant pas à aligner deux mots.

Ces départs nocturnes sont uniques, emprunts d'une atmosphère particulière. Bon, côté atmosphère, c'était la fournaise, avec un thermomètre affichant une vingtaine de degrés à la mise en route du chrono. La journée qui suivrait s'annonçait chaude, et je crois que nous avions tous en tête d'arriver le plus vite possible pour éviter la cuisson complète. C'est comme un steak, il faut qu'il soit saignant pour l'apprécier. 
Pour la première fois de ma vie de traileur, j'ai pris un départ extrêmement prudent. A la fin des 15 minutes de plat qui nous menait jusqu'au pied du Veyrier, j'affichais fièrement une centième place.
Ensuite, j'ai commencé à remonter. 70ème dans la moitié du Veyrier, 40ème dans la montée d'Alex. 25ème en haut de Talamarche, avec l'aube qui affichait ses premières lueurs. Je sentais une petite gêne dans la fesse gauche, mais rien de bien méchant. J'ai imaginé une légère contracture. J'étais dans une bonne gestion de mon effort et l'écart avec les premiers était tout à fait correct.



Arrivé à mi-course, Titouan me donne de quoi repartir avec le sourire (repas du roi préparé par Isa, ma compagne : jus de cornichons, purée de brocolis sur son lit de reblochon un an d'affinage et ses asticots qui vont avec, eau-de-vie de choucroute pour le boost). Je repars donc frais comme un gardon en direction des Bauges.
C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à perdre des places. La douleur a lentement fait son travail de sape, titillant légèrement mon genou droit. J'ai eu cette vision de la CCC de 2021, pendant laquelle j'ai vécu un véritable chemin de croix. 





La descente du Col de la Bornette a été très compliqué. Malgré les carambars "kipik" et donnent la langue bleue offerts lors d'un point d'eau improvisé.
A Bellecombe-en-Bauges, j'ai fait un long arrêt. Je me voyais encore terminer la course. Ne me restait que le Semnoz, dernier morceau de l'aventure.
Je suis reparti, j'ai fait cent mètres avec des aiguilles dans le genou. Le TFL, c'est un peu cette sensation, qui s'accentue au fil des kilomètres et des flexions.
C'est à ce moment que j'ai dit stop. J'ai décroché le dossard. J'étais à l'embranchement d'une route, j'ai tendu le pouce et fait du stop.
La course était terminée.
C'était mon premier Ultra de l'année, il ne s'est pas terminé comme je l'aurais souhaité.
Heureusement, la petite famille était là pour partager un moment en haut du Semnoz. Mes enfants avaient même prévu des petites pancartes pour m'aider à vendre ensuite mes livres sur mon stand, après la course.





Le sport m'apprend beaucoup. Bien sûr, il y a l'abnégation, la résistance, la résilience. Mais il y a aussi ce plaisir, fondamental. Lorsqu'on prend un départ sur un Ultra, il faut prendre en compte de nombreux paramètres, et comprendre que l'abandon n'est pas une fin en soi. Avoir la lucidité, à tout moment, de faire les bons choix. Les motivations d'un abandon sont nombreuses. Aller au bout, oui, mais pas à n'importe quel prix. La ligne d'arrivée d'une épreuve sportive n'est pas un aboutissement, le sport doit rester un jeu, un amusement, on n'y joue pas sa vie. Ces courses sont des aventures et ces aventures, même hors-normes, ne restent que des courses. J'aurais peut-être pu finir, oui. Mais dans quel état ? Aujourd'hui, ma priorité est de partager des aventures humaines, comme cette traversée des Alpes en famille effectuée l'an passé, tellement plus riche en émotion qu'une course chronométrée qui, somme toute, reste une épreuve individuelle.
Il me reste encore des objectifs cette année, avec cet UTMB en août. J'espère que le corps aura récupéré et que je serai en possession de tous mes moyens.
Et je reste fidèle à mon idée principale : le plaisir d'abord avant de penser au résultat.
Qui vivra verra...

Merci Rossignol, mon partenaire de toujours
Nutripure pour l'énergie
crocandgo pour les barres
Lagolight pour la lampe
Julbo pour les lunettes
Sidas les chaussettes
La MaxiRace et Stéphane Agnoli pour le salon et le dossard