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jeudi 22 février 2024

Bessans, le temps des retrouvailles

Bessans et son marathon, c'était début janvier. Les retrouvailles avec le dossard, sur l'une des plus belles longues distances françaises. Un plateau de choix, avec pas mal de gros cuissots au départ. Pour le vieux, l'occasion de ressortir le bonnet orange, remisé au fond du placard depuis la fin de l'hiver dernier. A peine quelques heures de ski dans les pattes, mais l'envie est là, comme toujours. Comme dans ses plus jeunes années. Il sait que ça va être difficile de jouer devant, il lui manque des séances. 

Une course d'action, avec des attaques à tout va. De leur côté, les jambes suivent. Une échappée devant, le vieux est dans le groupe de poursuivants. Passé la première boucle, il est toujours dans le coup, non pas pour la victoire, mais pour aller chercher un top 5, ce qui serait inespéré au vu du peu de ski emmagasiné jusqu'à présent. Malheureusement, les jambes grincent, il coince dans la dernière longue montée, à quatre kilomètres du but. Le vieux reste en queue de groupe, devant, ça joue la 4ème place. 

Lorsqu'il franchit la ligne d'arrivée, le panneau d'affichage a mis un "1" devant le "4". Quatorzième, allez, il ne va pas faire la fine bouche. 

En fait, c'est surtout le bonnet orange qui était content. Lui, n'a pas vieilli. Oh, à peine délavé. Frétillant, plein d'énergie, il a sorti le vieux, lui a fait prendre l'air. C'est dommage qu'il (le bonnet) ne sorte que pour les grandes occasions. Faudrait en parler au vieux, qu'ils fassent tous les deux davantage de sorties...

En attendant, le vieux a encore fait le podium des vieux, le bonnet orange a pu se montrer, chouette pour les deux, me direz-vous.

Et vivement Bessans 2025!




vendredi 16 février 2024

Retour sur la SaintéLyon

Je sais, j'ai (beaucoup) de retard dans mes article. Mais voilà, ce soir, je m'y colle. Je profite d'avoir les idées encore à peu près claires en cette heure tardive (Il est 21h45). Comme tout le monde sait qu'il faut bannir les écrans passé 21h, j'en conclus que je fais tout de travers en ce vendredi soir. Je me dis que c'est le moment de faire un petit saut en arrière et parler de ma SaintéLyon, mon dernier dossard en 2023. Oui, je sais, la course est passée depuis belle lurette. Je ne suis pas complètement idiot (Euh...), je me rends bien compte qu'il est un peu tard (je ne parle pas de l'horaire actuel) pour en parler. Tous les lecteurs de sites internet vous le diront, en général, avec les flux internet, ce qui s'est passé la semaine précédente, tout le monde s'en fout. Qu'importe, j'aime bien nager à contre courant.

Une SaintéLyon, donc. Préparée comme j'ai pu, avec des séances de sport avoisinant l'heure, mais sachant que j'ai toujours été généreux dans l'effort, j'ai parfois doublé la mise. Eh oui, il m'est arrivé de sortir deux heures d'affilée. En fait, sur cette SaintéLyon, j'ai misé sur la préparation estivale qui, forcément, commençait un peu à dater. Même pas peur, je me suis dit. Un petit 80 bornes à plat (ou presque, à peine 2000 D+), ça n'allait pas casser trois pattes à une canard. En tout cas, sûrement pas à un fondeur aguerri (moi?), même en mal de sport.

La SaintéLyon, c'est magique. Surtout question paysage. Je vois venir les petits malins qui vont me rétorquer que la course étant en nocturne, on n'y voit rien. Et ils ont bien raison. Non, en fait, la SaintéLyon, on y va surtout pour l'ambiance. Des milliers de personnes au départ, les rues de Lyon et de Saint Etienne en effervescence, oui, vraiment, ça a quelque chose de particulier. Par contre, quand on se retrouve en plein milieu de nulle part, perdu dans les monts du Lyonnais, qu'il fait -10 degrés, qu'on se rend compte qu'on n'est pas assez habillé, pas assez entraîné (du moins pour jouer devant), qu'on a les quadriceps durs comme deux bouts de bois (des descentes, mon petit Benoît, fallait t'entraîner à casser les fibres dans les descentes, c'est plus à toi que je vais l'apprendre? Et les sorties longues, pourtant, tu le sais très bien qu'elles sont IN-DIS-PEN-SABLES!), on a vite tendance à remettre en cause son inscription, sa venue, et surtout, sa passion pour le trail.

Dans ce froid, cette glace, et cette neige sur les hauteurs (mes éléments, pourtant), je me suis senti très seul. Les kilomètres ont défilé, je n'ai pas cessé de penser à ceux qui me restaient. Un kilomètre après l'autre, même si la ligne d'arrivée m'a paru interminable. J'ai terminé et pris un sage décision, que cette fois-ci, je respecterai. Oui, il ma fallu plus de quarante ans avant de toucher (d'effleurer, plutôt) un minuscule, microscopique bout de sagesse. La prochaine fois que je décide de me lancer dans une aventure de la sorte, il faudra que je pense à me prétexter une sortie piscine. 

Pour rester sérieux (des fois, ça m'arrive), si l'envie vous prend d'aller faire la SaintéLyon, foncez. Comme je l'ai dit, l'ambiance y est unique. Vous trouverez forcément un compagnon de galère avec qui partager quelques gouttes de sueur le long du parcours.


Copyright SaintéLyon


mardi 12 décembre 2023

Retour sur les Templiers

Annulée en 2019 et en 2020, j'étais venu en mode rando sur l'épreuve des Templiers en 2021. Je m'étais dit que ce serait sympa de revenir cette année en espérant accrocher un top 10 sur l'épreuve reine. Mais après une période estivale relativement faste, le corps accusait une baisse de régime cet automne.
Les Templiers, je voulais surtout y revenir pour l'ambiance. Durant une semaine, Millau vit au rythme des différentes courses. Les rues fourmillent de Traileurs, et lorsque l'été Indien s'installe dans le coin, l'atmosphère est incroyable. Tout comme le sont les paysages.
Les Templiers, c'est avant tout une course rapide, avec de longues portions de plat agrémentées de "talus" de 500 mètres de dénivelé. En gros, c'est: montée sur un plateau, traversée du plateau, descente dans la vallée. Remontée, retraversée, redescente. Et ainsi de suite jusqu'à l'arrivée. Croyez-moi, c'est casse-pattes à souhait.
En ce qui concerne ma course, voilà un petit résumé:
Départ à 5h45. Les jambes frétillent. J'adore cette ambiance nocturne, les lampes frontales allumées dans l'obscurité, l'émulation d'avant. Fondu dans la masse, tout comme les 2500 partants, j'attends le signal de départ. Je repense aux nombreuses séances de fractionné des dernières semaines, mais j'appréhende la longueur de la course: je n'ai pas une seule séance de plus de deux heures dans les pattes depuis un mois. Je choisis de mesurer mon début d'effort, surtout, ne pas me précipiter.

Au bout d'une heure, je suis dans un groupe aux alentours de la 30ème place, je suis bien en-deçà de mes rythmes habituels de course, mais je préfère rester prudent. Au bout de deux heures, je me sens toujours bien, je me force à ne pas accélérer. Prudence, prudence... Trois heures et demie de course, j'en suis à la moitié. Pourtant, malgré une bonne gestion, les jambes commencent à fléchir, surtout après une longue descente.

Je suis à la Roque-Sainte-Marguerite, kilomètre 45, et je sens que la suite va être difficile. Les sensations ne me trompent pas, arrivé sur la butte qui mène au Salvage, les portions de plat me paraissent interminables, je commence à marcher. Je prends mon temps au ravitaillement, espérant un regain de forme pour la suite. Alors j'attends, les kilomètres passent au ralenti, les plats sont interminables. Je fais une nouvelle pose au ravitaillement suivant, je m'étire, je respire, je prends les kilomètres les uns après les autres, me disant qu'un kilomètre de plus, c'est un kilomètre de moins. Oui, je sais, quand on est au bout du rouleau, le cerveau vide fait ce qu'il peut avec ses neurones grillés. Bien entendu, je pense à l'abandon, mais je le repousse dans un coin de la tête. Massebiau, kilomètre 70, il m'en reste encore 10, je guette la famille qui devait être là pour m'encourager. Personne, je prends un coup au moral. Je marche en travers dans la montée, et à mi-chemin, j'entends un "Allez papa, allez allez allez!". Quand j'arrive à leur hauteur, les enfants m'encouragent à pleins poumons, Isa me dit que j'y suis presque. Mon égo en prend un coup, les enfants montent plus vite que moi, ce sont eux qui m'attendent.
Bon, je range l'égo dans un coin. J'arrive à la ferme du Cade, la famille a pris un autre itinéraire pour m'encourager sur la dernière montée. Je prends un coca et une soupe. Des tartines de roquefort. Des chips. Du fromage et du saucisson. Les bénévoles sont heureux "vous êtes le premier concurrent à faire honneur au ravitaillement". Pour ça, je fais honneur. Je dévalise tout ce qu'il y a, puis je repars sous les encouragements. Toujours au ralenti. Plat, descente. Dernière montée. Et curieusement, c'est dans les derniers mètres de dénivelé que je retrouve un second souffle. Foutu corps, il ne reste plus que la descente sur Millau à me mettre sous la dent. La famille est là lorsque j'entame la dernière descente. Un kilomètre plus loin, j'ai l'impression d'avoir mes jambes de début de course.
Enfin l'arrivée. Sur le panneau d'affichage, 48ème. Une belle galère. J'avoue qu'à ce moment-là, je ne suis pas sûr de remettre un dossard sur la fin de saison. Pourtant, dans un mois et demi, j'ai coché la SaintéLyon. Je n'ai pas encore de dossard, mais si je réussis à en avoir, je me dis que ce serait quand même sympa de terminer sur une bonne note.

On m'a demandé à l'arrivée : "Qu'est-ce qui te pousse à terminer lorsque tu es dans un jour sans? "
La haine de l'abandon. Me battre comme ceux de "À chacun son Everest", dont le combat est mille fois plus important qu'une course, et qui ne lâchent rien.
Sur la photo (merci Robin Schmitt), sourire principalement... d'être arrivé! Un moment très compliqué, pour l'instant la forme est quelque part, mais en tout cas pas en moi 😁 reste à la retrouver... Luke (Skywalker), si tu m'entends...






mardi 3 octobre 2023

8ème au Trail des Aiguilles rouges

Il fait nuit noire, il est cinq heures du mat. Environ 4 degrés. J'ai dormi dans la voiture, et là, j'attends sagement qu'on me donne mon dossard. La personne en face de moi regarde ma carte d'identité, regarde ensuite sur sa feuille le numéro de dossard attribué, numéro 460. Les dossards étant triés dans l'ordre croissant, elle va rapidement dans le milieu du tas, trouve le 458, le 465 (les autres ont déjà été distribués), mais pas de 460. Bon, elle élargit la recherche, passe en revue tous les 400 restants, puis élargit encore à tous les dossards. Cinq minutes plus tard, pas de trace du 460. Derrière moi, les coureurs s'impatientent, une autre personne vient à la rescousse pour satisfaire les coureurs, et moi j'attends. Un nouveau tri plus méticuleux, l'horloge tourne, je propose de regarder, pendant ce temps, mon interlocutrice va regarder dans les dossards annulés s'il y a trace du mien. Et moi, je me dis que quand ça commence comme ça, c'est quitte ou double. Soit je vais faire une course de folie, soit ce sera un jour sans.

Le départ approche, je commence à me demander si je vais pouvoir y être, et au dernier moment, l'organisation réussit à faire le nécessaire pour m'attribuer un dossard. Je file à la ligne de départ en me disant que l'échauffement, ce sera pour une prochaine.

Le départ est très rapide, je reste sage, la course sera suffisamment longue pour accélérer ensuite. Cinq ou six cents mètres de dénivelé plus tard, j'entame la descente sur Servoz. Je passe le premier ravito en 8ème position. J'attaque ensuite la longue montée qui me mènera au Brévent, les sensations sont bonnes, je double quelques concurrents, la 3ème place est à moins de 10 secondes, j'entrevois déjà le podium final. 

Ensuite... plus grand chose. Lente agonie. J'essaie de manger, en me disant que ce n'est qu'un vide passager. Dans le trail, il y a toujours des moments "sans". Je me fais courser par deux énormes patous qui sont sortis de leur enclos et manquent de m'arracher les mollets. Plus loin, j'arrive dans la partie technique, du caillou à tout va. Je prends un peu plus de temps au 2ème ravitaillement, un concurrent me rattrape, je passe 6ème. J'essaie de continuer à courir dans les portions montantes, mais les jambes ont du mal à suivre. Les descentes commencent à devenir laborieuses elles aussi. Je me refais doubler. 7ème. Il faut faire un crochet pour profiter du dernier ravito. Je ne suis plus à une minute près. Je me fais à nouveau doubler. 8ème.

Vient la dernière portion. "Vas-y, lâche tout" me dit-on. Chamonix est au-dessous, je me dis que j'y suis presque. Sauf que, n'ayant pas étudié le profil, je me rends vite compte qu'il y avait quelques cerises supplémentaires au gâteau. Des petites montées (interminables) qui font bien mal aux jambes.

Je franchis -enfin- la ligne d'arrivée, plus 45 minutes après la tête. En me disant "ça, c'est fait".

Dans le Trail, il faut parfois savoir rester humble. Et se contenter d'avoir mal aux pattes. C'est déjà pas mal.


Copyright TAR


Pour cette épreuve comme toutes celles à suivre, je porterai les couleurs de l'association "A chacun son Everest", qui œuvre pour les enfants atteints d'un cancer ainsi que les femmes atteintes d'un cancer du sein. N'hésitez pas à aller faire un tour et faire un don, si le cœur vous en dit.

Côté course, prochain grand objectif: le Grand Trail des Templiers.


mercredi 13 septembre 2023

Mon échappée belle - 2ème partie

Une fois l'annonce de la réduction de l'épreuve digérée, nous sommes allés prendre nos quartiers avec Isa. Le réveil était programmé à 3h45. Le seul souci, c'est que notre chambre d'hôtel était sous les combles, qu'il n'y avait pas de clim et qu'il faisait plus de 35 degrés à l'intérieur, sans possibilité de créer le moindre courant d'air. J'avais emprunté une clim transportable au cas-où, mais elle faisait un bruit d'avion, donc inutilisable dans la petite chambre. Ce fut une nuit blanche, j'aurais voulu écrire que j'ai rêvé de cailloux, mais il aurait pour cela fallu dormir. A défaut, j'ai donc pensé cailloux, et plutôt deux fois qu'une. 
Je me suis levé avec les étoiles, le ciel était dégagé, pas l'ombre d'un nuage annoncé. Vizille était en ébullition, les coureurs venaient de partout, certains prolongeaient leur nuit sur un matelas dans le gymnase. Moi, je n'avais qu'une hâte, que le décompte du départ soit donné, dans une touffeur hallucinante. A quatre heures et demie, il faisait déjà plus de 25 degrés. Je savais que la course allait être difficile.
Vint le moment tant attendu: cinq, quatre, trois... La foule est partie en trombe, les deux kilomètres de plat ont été avalés en un rien de temps, à plus de seize à l'heure. Puis les premiers pourcentages sont arrivés. J'avais le sourire aux lèvres, juste heureux d'être là, dossard accroché au short.

Au premier ravitaillement d'Arselle, j'étais en tête. Isa avait galéré pour trouver la route, elle venait tout juste de déballer les affaires. L'aube se levait lentement sur les Belledonne, donnant comme toujours cette atmosphère irréelle des courses au petit matin. Deux minutes d'avance au Lac Achard, j'étais déjà trempé de la tête aux pieds, transpirant comme jamais.


col de la Botte, copyright le Dauphiné


Deux cols et une descente plus tard, j'étais rejoint par un Espagnol. Je ne le savais pas encore, mais nous allions effectuer un chassé-croisé pendant plusieurs heures. Lacs Robert, lac Léama, lac Longet... Le panorama était à couper le souffle, je l'avais encore en mémoire de ma dernière tentative, trois ans auparavant. L'avantage d'un Ultra, c'est qu'on a le temps d'observer malgré l'enjeu de la course. Plus encore sur l'Echappée Belle, qui se court à faible allure, même si à ce moment, le caillou me laissait encore à peu près tranquille.
C'est au refuge de la Pra que les choses sérieuses ont commencé. Et que j'ai eu mon premier coup de fatigue, dans la montée de la croix de Belledonne. Je me suis dit alors: pense à Isa. A son combat de tous les jours, mille fois plus intense que le mien.
En arrivant vers le sommet, un bénévole m'a dit: va toucher la croix, ça porte bonheur. Je ne suis pas très grigri, mais j'ai fait le détour. Je n'étais pas à trente secondes près. Sur la descente, je reviens lentement sur le premier. Au refuge Collet, nous repartons ensemble.

Du caillou, encore du caillou, toujours du caillou. A tel point qu'à certains endroits, il n'y a plus de chemin. On navigue à vue, en zigzagant de gauche à droite, sautant de pierre en pierre, de rocher en rocher. Concentré sur les pieds comme jamais, pour ne pas se faire une cheville.

Physiquement, je piochais dans les montées. Mais pour une fois, les descentes m'étaient salutaires. Ce que je perdais dans les montées, je le reprenais à la descente. En tête, deuxième, en tête, deuxième... Au dernier ravitaillement du Habert d'Aiguebelle, Isa était là, heureusement d'ailleurs, j'ai pu lui piquer un bâton pour remplacer celui que je venais de casser entre deux cailloux.
Plus loin, j'ai entendu une voix derrière moi: "ça te dirait qu'on arrive ensemble?". Mon collègue Espagnol m'avait repris. Nous avions encore près de trois heures de route, près de vingt minutes d'avance sur notre plus proche poursuivant. Nous étions en course, mais moi, finalement, ça m'allait d'arriver à deux.
Col de la Vache, lacs de Sept Laux, tout s'est fait en mode entraînement. Le plus curieux, c'est qu'à partir du moment où nous avons décidé d'arriver ensemble, c'est comme si le corps avait relâché la tension. Les cailloux m'ont paru plus gros, les descentes plus laborieuses. C'est dingue comme le mental peut jouer des tours.
L'avantage, c'est que j'ai pu savourer. Cette première belle victoire sur un grand Trail, qui plus est l'échappée belle. Même avortée. C'était peut-être un fait exprès. Parce que je serai obligé d'y retourner. Pour terminer d'une traite -enfin- la grande traversée. Même si dix minutes après avoir passé la ligne, j'ai eu un très gros coup de chaud, le thermomètre affichant près de trente degrés.

podium avec l'Espagnol Tejada Ocejo
copyright le Dauphiné


Merci à l'organisation pour cette invitation.
Merci Isa pour ton aide malgré les circonstances, cette victoire est aussi la tienne.

mercredi 6 septembre 2023

Mon Echappée Belle - première partie

La première partie, elle remonte à 2020. A cette époque, je me lançais dans l'Ultra. Une première tentative dans les Belledonne. En 2019, je faisais mes premiers pas dans le trail, deux 25km, et puis la SaintéLyon. Et puis... c'était tout.

La suite, vous la connaissez. 125km, et puis le cerveau a disjoncté. Il en avait marre de tous ces cailloux, avalés jusqu'à l'indigestion. Je me suis dit que cette course n'était pas pour moi. Trop long. Trop dur. Les cuissots n'avaient pas tenu, le cerveau avait déraillé. En redescendant du col de la Perche, je m'étais dit: plus jamais. J'en étais convaincu, personne n'allait me faire changer d'avis.

Sauf moi. Trois ans plus tard, la cervelle avait digéré, la douleur avait été oubliée, j'étais de nouveau prêt. Et puis, comme on dit, il n'y que les cons qui changent pas d'avis. En rentrant du Canada, lorsque j'ai vu dans ma boîte mail l'invitation pour remanger du caillou, je n'ai pas hésité longtemps. D'autant plus que je n'aime pas rester sur un échec. Il m'a fallu une minute pour cogiter, la décision était prise, j'allais retenter l'aventure dans les Belledonne. Même si physiquement, j'étais bien loin de mes préparations lorsque j'étais en carrière sportive, le mental était présent: j'avais une solution imparable pour me préparer à la course: faire des chantiers. L'échappée Belle, tout le monde le sait, c'est un véritable chantier. Alors rien de mieux que de continuer dans la lignée: terrassement, coulage de dalle, isolation. J'avais du boulot à la pelle, et rien de mieux que de travailler à l'extérieur en pleine canicule pour me mettre en situation de course.

A coups de pelles et de grandes transpirées jusqu'à l'avant veille au soir, j'étais fin prêt pour ma bambée. Pour ne rien laisser au hasard, je suis quand même allé reconnaître le dernier morceau avec Cédric, mon chocolatier préféré et fournisseur de Cr'oc&Go. Un petit 50 bornes pour savoir à quoi allait ressembler l'arrivée à Aiguebelle.


Attention, photo codée... Allez-vous réussir à la décripter?...


En arrivant à Vizille, la veille de l'épreuve, le thermomètre affichait 42 degrés. Même si la météo annonçait quelques orages, j'étais assez confiant sur le déroulement de la course. Le premier coup de tonnerre est pourtant arrivé très tôt: à 18 heures, l'organisation annonçait une épreuve raccourcie. Les prévisions étaient plus mauvaises que prévues, et il fallait jouer la sécurité. Une décision difficile à prendre, mais il fallait en prendre une et tout le monde le sait, il faut savoir rester humble devant les forces de la nature.

Une course réduite de moitié, mais la plus belle moitié, et probablement la plus dure. De toute façon, ça ne changeait rien pour moi, j'étais prêt à en découdre, d'autant plus qu'Isa avait accepté de m'accompagner pour encouragements et ravitaillements. J'avais là mon assistance personnelle de choc.





lundi 28 août 2023

Une 6000D et un KV du Criou pour se remettre en mode montagne

Après un passage dans l'Ouest, à faire des globules à l'Océan (oui, je sais, les globules à 0m d'altitude, ça ne s'est jamais fait, mais faut bien que quelqu'un s'y colle un jour), j'ai mis le dossard à la 6000D. Bien obligé, avec l'objectif Echappée Belle qui se profilait fin août et avec exactement 2 sorties à pied dans les montagnes en juillet, fallait remettre les cuissots en mode montée/descente. Je ne croyais pas si bien dire, la 6000D, c'était exactement ça: en gros une montée, puis une descente. La 6000D, je la connaissais de nom et même si avant de me lancer dans le Trail je croyais qu'elle faisait 6000 de D+, je savais qu'elle restait un gros morceau avec ses 3600 de D+/D-. Un gros morceau surtout pour mes cuissots en manque de descente. 

Le départ a sonné à quatre heures. Quand on fait du trail, on sait que les nuits risquent d'être courtes. Et les journées, parfois trèèèèès longues. 

Après avoir limité les dégâts dans la montée (5ème et pas trop loin de la tête au sommet), j'ai entamé la descente. Interminable. J'ai pataugé mes foulées, vu les minutes défiler, une vingtaine au total sur l'ensemble du profil descendant. Pas de quoi faire le fier, j'ai bien cru que je ne verrais jamais la banderole d'arrivée. Je passe la ligne en 7ème position, en titubant, me demandant comme souvent dans ce moments: mais qu'est-ce que je fous la?




Pour la suite, quelques jours de récup (à me coltiner un petit Virus attrapé sur les pentes escarpées de la Tarentaise. Pas de doute: la montagne, ça vous gagne!), puis une bonne semaine d'entraînement en vue de mon gros morceau fin août, avec en point d'orgue de cette semaine volume, un retour sur un format sur lequel je me suis longtemps cantonné: le Kilomètre Vertical (cette fois-ci sur celui du Criou). 


Pour les sensations fantastiques, on repassera, mais je limite la casse avec une 4ème place. Les poumons ont brûlé, les cuissots ont cramé, j'ai fini vidé, mais pour ceux qui connaissent l'exercice, difficile de finir autrement ce type d'épreuve, aussi court soit-il (oh, à peine 2km).


Âmes (et cuisses) sensibles s'abstenir

Le lendemain, je ne pouvais plus courir, mon tendon d'Achille grinçait. Paraît que la tendinite est l'une des plus grandes amies des traileurs. Ma foi, je n'étais plus à ça près...

Enfin voilà, j'en avais terminé avec ma super prépa pour mon Echappée Belle.

Et j'ai réalisé que j'étais bien loin du chantier prévu dans quelques jours. Qu'il était loin, le temps où je faisais du sport à longueur de journée.