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jeudi 21 février 2013

Le clavier anglo-saxon


Il y a un bouquin qui prend la poussière dans certaines librairies. Oh, pas un grand bouquin. L’auteur, si on peut qualifier le petit gars d’auteur, est un type un peu marginal, qui, au travers de différentes histoires, essaie de faire rire ses lecteurs. Moi, je suis mal placé pour faire des critiques, le livre s’appelle « Et sinon, vous faites quoi dans la vie ? », un nom bizarre soit dit en passant, mais passons.
Le type dans l’une de ses histoires se rapproche de l’ours, et sur ce point, lui et moi ne sommes pas bien différents. La technologie, les ordinateurs et tout le reste, ça parle un peu chinois. Dans ma grotte, je me chauffe encore au feu de bois et pour l’éclairage, j’ai le choix entre la torche ou la bougie. Soit dit en passant, la torche n’est pas mal, elle chauffe en même temps qu’elle éclaire.
Mais tout ça pour dire que la semaine dernière, je suis parti direction le Canada. Et pour donner des nouvelles, je n’ai eu d’autres choix que de me mettre en face d’un ordinateur et son clavier. L’ordinateur, c’est ce truc carré avec, en dessous, des touches sur un clavier. C’est exceptionnel, ce truc. On tape sur une touche et, ô, miracle, la lettre apparaît à l’écran. C’est tout simple au premier abord. Mais ça se complique quand on arrive… chez nos amis anglo-saxons. Je sais pas ce qui leur est passé par la tête en voulant supprimer tous les accents de leurs mots.
Il m’a fallu une demi-journée pour trouver comment mettre les accents sur un –e– qu’il soit grave ou aiguë. La cédille, j’ai mis la journée complète. Mais entre temps, il y avait tout le truc des lettres inversées. Le a devient le q, le q le a, le m se transforme en virgule… de quoi devenir fou. Je me suis mis à cauchemarder la nuit. Les lettres rentraient par mes oreilles et mes narines pour filer mettre la zizanie dans mon cerveau. Bon, là-dessus, je ne crains pas grand-chose, elles n’auraient trouvé que du vide. Mais quand même.
A force de maîtrise (il paraît qu’un clavier s’imbrique très facilement dans un écran, je peux vous le dire, je me suis contrôlé pour ne pas vérifier les dires) et de patience, au bout de quelques jours, j’avais un joli texte en face de moi, sauf qu’il me manquait une dernière lettre pour le terminer. Dont le a. Pas le a normal, celui avec accent.
Je fais plusieurs essais. J’obtiens des â, des ä ou encore des /a,‘a, èa…
Je sens une boule au ventre _a. Elle monte gentiment ẵ, ặ, Ằ
Elle me prend la gorge ậ, ầ, ả, Ậ
Je perds alors tout contrôle.
-Pu(censure)# !&*µ !!+ !
Je vérifie en passant qu’effectivement, écran et clavier ne font qu’un.
La chute dans tout ça ?
Oh, je voulais juste dire que j’avais terminé premier a (avec accent) la Gatineau Loppet.

lundi 11 février 2013

La Transjurassienne, une histoire de cloche

Tout a commencé il y a bien longtemps. J'étais môme, et de cette lointaine jeunesse, je ne garde que peu de souvenirs, si ce n'est cette curieuse addiction pour les cloches. Il y eut tout d'abord celles de l'église du village. Subjugué par leur premier carillon, je suis resté planté dix minutes au pied des murs de la paroisse, la bouche ouverte, abasourdi, voire même étourdi par ce que je venais d'entendre. J'en avais presque le vertige. Comprenez bien, j'avais encaissé une horde de décibels en très peu de temps, et je sentais encore les "DONG" résonner dans ma caboche. A cet instant, je me suis dit "moi aussi, j'en veux une".
Alors j'ai fait ce qu'aurait fait n'importe quel gamin de mon âge: j'ai essayer d'en chaparder. N'étant pas très croyant, j'ai décidé de me convertir. Si je voulais pouvoir ne serait-ce qu'effleurer l'une de ces cloches, il me fallait un moyen d'approche. L'idée était bonne, mais pas la finalité. Tout d'abord parce que la cloche était quasiment aussi grande que moi, pesait une tonne, ensuite parce que lorsque le curé m'a surpris en train de vouloir la détacher, je me suis pris une correction dont mes fesses se souviennent encore. Pourtant, malgré ma confession qui s'en suivit, mon idée de cloche ne m'a pas lâché. J'ai abandonné l'église et j'ai essayé ce qui, à priori, me semblait être la solution de facilité: il y avait plein de vaches dans le champ voisin, et qui dit vaches dit forcément cloches. Mon plan d'attaque était on ne peut plus simple. Il me suffisait de m'approcher de la vache en l'amadouant de quelques caresses, et le tour était joué. On ne peut plus simple.
Je suis reparti aussi vite que je suis venu, un bon coup de sabot incrusté dans mon derrière. Mais il fallait voir le bon côté des choses, j'avais évité de peu les coups de tromblon du fermier.
Ensuite, j'ai essayé de m'attaquer à plus petit: la clochette d'une chèvre. Inutile de vous dire que si l'une de mes fesses avait des raison d'être jalouse, le coup de cornes a remis les pendules à l'heure.
Non, décidément, si je voulais encore avoir des chances de pouvoir m'asseoir dans mes futures années, il me fallait trouver autre chose. C'est alors que j'ai entendu parler d'une course de ski, la "Transjurassienne", et de la cloche offerte au vainqueur. Ça a fait tilt. 
J'ai chaussé les skis, j'ai passé des heures à m'entraîner et puis un beau jour, en 2011, j'ai enfin touché le Graal, j'ai gagné ma cloche. A ce moment-là, je me suis dit que c'était bon, je pouvais arrêter tous mes efforts et remiser mes skis.
Sauf que... sauf qu'une cloche, ça faisait un peu tâche. En plus, cette pauvre cloche se sentait seule, en retrait, sans personne à qui parler. Il fallait lui trouver une compagne. Si j'avais été comique (et mufle sur les bords), j'aurais pu rigoler en vous disant que la deuxième cloche, elle partageait déjà mon quotidien depuis quelques temps... 
Passons et revenons à nos moutons, je ne pouvais pas m'arrêter en si bon chemin. Je devais continuer. Il le fallait. Et après des mois et des mois d'entraînement, d'abnégation, de combat acharné, de dépassement de soi, de... (j'en fais un peu trop, là ?!)
Bon, bref, j'ai eu ma deuxième cloche.
Je devrais être un homme heureux. En plus, ces deux-là, inutile de vous préciser que quand elles commencent à parler entre elles, c'est un vrai festival. Oui, je devrais être un homme comblé. Pourtant, je sens comme un petit goût d'inachevé. 
Car étant donné que je suis homme de proverbes, il y en a un qui passe en boucle dans ma tête, sans relâche: "Jamais deux sans trois". 
Il va donc falloir que je retourne au charbon. Comprenez bien, je ne voudrais pas faire mentir le proverbe.
Et si je donne raison au proverbe, j'en trouverai bien un autre quelque part qui dira "jamais trois sans quatre".
Et puis, tant qu'à faire, "jamais quatre sans cinq"
En gros, je suis pas près d'arrêter...

Crédit: Nils Louna


mercredi 6 février 2013

Une course ? Ah bon ?!

Jeudi, c'était le grand départ. Le week-end s'annonçait plutôt pas mal. Déjà parce que j'avais retrouvé cette fichue forme, qui traînait tout simplement au fond de mon lit. C'est un gros problème chez moi : j'oublie où je range les choses. Avant, j'étais bordélique et dans tout mon bazar, j'arrivais à y voir clair. Là-dessus, j'ai décidé de changer, et voilà le résultat. Il suffit qu'une fois on essaie de bien faire les choses pour que ça nous retombe dessus. Comme quoi, être trop carré, ça porte préjudice.
Enfin bref, passons. J'avais retrouvé ma forme et c'était le plus important. Jeudi, j'ai donc chargé ma voiture pour me rendre en Allemagne et disputer une course, la König Ludwig Lauf. A vos souhaits !
Au passage, j'ai récupéré un petit gars bien sympa qui a bien voulu s'occuper de bichonner mes skis. Nous nous en sommes allés gaiement à travers les routes interminables de Suisse, puis d'Allemagne, bravant les plus hauts sommets alpins, franchissant les cols sinueux envahis par la neige, affrontant les dragons cracheurs de feu -ah non, je me plante encore d'histoire- enfin bon, après 8 heures de route et près de sept cents kilomètres, on a atterri dans une petite auberge locale.
Là, j'ai fait le boulot. Étirements, yoga, reconnaissance de la piste, visualisation de la course, méditation, préparation mentale. Tout. Mon collègue, lui, a passé la nuit à trouver la meilleure alchimie pour transformer mes skis en bêtes de course (il a mis de la MaPlus, je ne sais pas si vous connaissez, mais ce truc-là, ça vous transforme un âne en étalon).
Tout. On avait tout préparé, millimétré, rien n'avait été laissé au hasard. En gros, en deux poussées de bâtons, je ralliais le départ à l'arrivée. J'ai même dormi avec mon dossard et mes chaussures de ski, histoire de m'imprégner jusqu'au bout de la course.
Le matin, on est arrivés sur le site de départ. Il y avait un peu de vent, quelques flaques d'eau (il avait plu toute la nuit), mais rien de bien méchant. Mes jambes tremblaient d'impatience, j'avais les muscles plein d'adrénaline, le coeur qui battait la chamade, la tête tournée vers la banderole d'arrivée, le podium, la victoire, mes concurrents laissés loin derrière, mes bras levés au ciel et...
Un gars s'est approché de la voiture. Il a tapé au carreau.
-On ne vous a pas dit ? a-t-il fait dans un teuton guttural.
-Dit quoi ?
-Ben... ils ont décidé d'annuler la course !
-...
J'ai rien répondu. Mon pote non plus. Qu'est-ce qu'on pouvait dire, au juste ? Les organisateurs ont trouvé qu'il avait trop plu pendant la nuit, alors ils ont annulé. Tout simplement.
Et nous, ce qu'on a fait ? Pas grand-chose, on avait que nos yeux pour pleurer. Histoire... de rajouter encore un peu plus d'eau sur la piste.