Nouveau roman "Trois Petits Pas"

https://www.amazon.fr/Trois-petits-pas-aventures-Parisien/dp/2954203021/ref=sr_1_1

mercredi 5 août 2026

Pyrénées, à l'approche du Vignemale

Le soleil disparaît derrière les crêtes, emportant avec lui les dernières rafales de vent, un rituel qui ne nous surprend plus. Un instant de calme où la nature s'endort au même rythme que nous, pour un répit de courte durée. Nous savons qu'au milieu de la nuit, le vent nous sortira de nos rêves de nuit pleine. Les années nous ont ôté les profonds sommeils et cette capacité à effectuer une nuit d'une traite, quelque soit le lieu, sur n'importe quel support. Les enfants dorment pour nous, ils ont cette insolence de ne jamais être réveillés par un sol trop dur, un caillou glissé sous le matelas ou un orage improvisé.



L'aube éclaire notre maison sommaire, en une heure, les tentes sont rangées, le petit déjeuner englouti. Le premier col se pavane devant nous, aucun échauffement pour rentrer dans le vif du sujet. La pente raide et rocailleuse nous fait mettre les mains, les doigts enfoncés dans la roche en espérant qu'elle ne s'effrite pas. Le moindre faux pas pourrait être mortel. Une brèche à 2800m d'altitude, le vent s'y engouffre avec plaisir et nous déstabilise. En contrebas, des blocs de glace gisent dans une étendue d'eau.

-Papa, tu crois que le Titanic gît dans les bas fonds? 

Je souris. La magie est partout, plus encore dans l'innocence des enfants.

Au loin, un immense plateau minéral traversé de toutes parts de ruisseaux et lacs cristallins nous attend. Au fil de la journée, notre chemin se perd entre les blocs granitiques, l'espace-temps se distend. À moins d'un kilomètre par heure, notre peine s'emmêle à la fatigue, et l'humeur s'en ressent. Isa n'en peut plus. La randonnée a ses travers et la dose n'est plus supportable.




Enfin, après un nouveau passage de col, les berges d'un lac niché à 2500m d'altitude accueille nos deux abris sommaires. Il est temps de souffler, d'allonger nos corps endoloris. Le pic du Vignemale affiche sa splendeur, demain, nous serons à son pied.

Les sacs tout juste posés, les enfants repartent immédiatement à la decouverte des alentours. Les rires se répercutent sur les parois rocheuses, leur entrain est contagieux, et si les doutes traversent parfois nos aventures, leur insouciance et leur bonheur suffisent à savoir pourquoi nous faisons tout cela, pourquoi nous sommes ici. La vie, la vraie, semble afficher sa valeur dans ces moments loin de tout. Alors, rien ne peut plus parasiter le moment présent.



 






samedi 1 août 2026

Pyrénées, sur les hauteurs du GR11

Sallent et de Gallego est un village magnifique, plus beau encore que Panticosa. Gris de pierres taillées, avec sa rivière aux eaux turquoises. Nous prenons le temps de manger, un petit déjeuner fait de viennoiseries achetées au passage. La nuit a laissé des traces sur nos visages boursouflés, les chiens du chenil ont hurlé chaque quart d'heure. Encore une nuit chaotique, la veille, le vent avait fouetté notre maigre toile de tente sans relâche. Depuis l'an passé, nous avons opté pour la légèreté, mais le confort s'en ressent parfois.



Le Pourtalet, col mythique, s'échappe sur notre gauche. Le GR11 nous emmène jusqu'au refuge de Respomuso. Le chemin est traversé par de nombreuses rivières, ici, aucune de trace de canicule ni de sécheresse, l'impression d'être dans un monde à part. À chaque pas, je lève la tête, essaie de graver les paysages dans mon cerveau, qui, je sais, finira par se noyer tant je l'inonde de toutes ces vues incroyables. 


À Respumuso, un soda plein de sucre accompagne notre repas. C'est mérité, il faut bien quelques récompenses à ces marches folles, et les paquets de bonbons des enfants diminuent à vie d'œil. En ce moment, j'aimerais surtout qu'on fasse un effort sur la nourriture, la vraie, les pâtes, le couscous et le riz, histoire d'alléger le poids de mon sac. Le ravitaillement effectué ce matin lui a donné trop d'embonpoint. Je tire la langue, j'ai peur que mes genoux grincent. Vingt, vingt-cinq kilos peut-être, une estimation à la louche. Qu'importe, il faut avancer.




Les lacs sont innombrables. L'après-midi, cette fameuse après-midi, en voyant les enfants jouer les bergers au milieu des moutons, je comprends. Tous ces efforts, ces gouttes de sueur, ces maux de dos, ces courbatures. Certains diront : tout ça pour ça. Alors oui, j'insiste, tout ça pour ça. La beauté d'un monde sauvage, Isa est en train de lire sous le vent, les enfants rient de rien, de tout. Ici, je me dis que le temps n'a aucune prise, il nous laisse l'essentiel : respirer, être en paix avec nous-mêmes. Alors je répète sans arrêt à qui veut bien l'entendre "c'est beau, hein ?" C'est plus fort que moi, une question qui n'est est pas une et n'a besoin de l'aval de personne, mais j'ai besoin de la poser, d'avoir un consentement, savoir que eux aussi vivent ce que je vis, voient ce que je vois.



Lorsque nous mangeons, Lucas dit qu'il neige. Nous levons la tête. Dans le ciel volent des flocons de cendre. La Terre pleure ses larmes de feu. Le vent venu du nord joue avec les étoiles grises échappées de feux de forêts. Le pays brûle, un nuage grisâtre s'arrête dans la vallée contiguë, plus loin, ce doit être Tarbes, dont les arbres grillés sont décimés à coup de flammes. Le Monde s'embrase, en France, en Europe, partout. La sécheresse, dont nous sommes en partie responsable. La Terre nous envoie ses représailles. Est-il encore temps de trouver une solution. Et surtout, le voulons-nous vraiment ?


jeudi 30 juillet 2026

Les Pyrénées, GR11, Panticosa et Sallent de Gallego

Toujours les mêmes gestes. Chaque secondes, chaque minute, chaque jour. Jambe gauche bras droit, jambe droite bras gauche. Avancer, souffler, respirer, s'arrêter, regarder, repartir.


L'altitude rend les mouvements plus lents, il faut accorder son corps à sa tête, sa tête à son corps. Le paysage, lui, s'accorde à tout. Ici, loin des Hommes, tout est plus doux, plus sauvage, plus lent. Plus beau. Les chemins, trop peu foulés, perdent leurs traces entre prairies et rochers. La carte nous rassure, nous sommes sur la bonne route, et il se passe une journée sans que nous ne croisions le moindre marcheur. Au début, les montagnes nous rappellent les Alpes. Tout ça pour ça, traverser la France pour finalement avoir les mêmes vues... Mais à mesure que nous cheminons, elles deviennent à part, uniques. Oui, les Pyrénées. Ce petit quelque chose de démesuré. Des vallées plus étroites, peut-être. Ou alors les cirques. 



Finalement, il est difficile de comparer. Nous sommes heureux. Loin de tout. Des hommes. Du quotidien et de sa folie, qui finit par nous happer sournoisement. Pourtant, nous savons, mais il y a ce fameux engrenage. 




Gavarnie était trop fréquenté. Trop proche des routes, des parkings avalant les voitures par milliers. Il y manquait l'authenticité. Mais dès que l'on s'éloigne des sentiers battus, nous retrouvons le silence. Les Izards et les marmottes, déjà grasses d'avoir trop mangé alors que l'été vient à peine de commencer. Notre carte nous indique sur le GR11, et après une longue descente bordée de falaise - un régal pour les yeux -nous faisons une halte à Panticosa. Les maisons sont de pierre, il est midi et la besace est pleine. La chaleur ne nous épargne pas et après une nouvelle heure de marche, nous trouvons un coin d'ombre pour manger. Ce chemin entre Panticosa et Sallent de Gallego est peu à notre goût, mais il faut avancer. Le soir, notre halte se fait au bord d'un lac. Ce que nous ne savions pas, c'est qu'un chenil était juste en face, sur l'autre côté de la berge. Et que les chiens s'en sont donné à coeur joie toute la nuit, qui s'est transformée en calvaire pour nous. Décidément, il nous faut vraiment rester loin de la civilisation !



Lorsque nous replions les tentes, je compte les jours passés. Déjà trois. Dans ma tête, une ritournelle: Se réveiller chaque seconde en ne vivant que pour aujourd'hui. Cheminer toujours, se projeter, s'émerveiller. Ne jamais laisser les doutes ternir la moindre seconde de vie. 

Il est temps de se remettre en route.

samedi 11 juillet 2026

Après les Alpes, les Pyrénées

Une culotte enroulée autour d'une pierre. Façon couche pour bébé, afin d'éviter que les bourrasques ne l'emporte. Un peu plus loin, c'est un short. La pierre encore à côté s'est coltiné mon caleçon. Les chaussettes sont disséminées ça et là. Dépareillées. Tout est en train de sécher, sous les humeurs du vent. De loin, on dirait un camp de manouches. Assis entre deux chardons, je regarde les enfants jouer les bergers pour guider les moutons un peu plus loin de notre lieu de bivouac. Isa est en train de lire un livre... Retour aux sources. À l'essentiel. Loin de tout, du monde, de la vie à cent à l'heure, de l'électronique. De toute façon, ici, il n'y a pas de réseau. Le téléphone ne sert qu'aux photos. Immortaliser les souvenirs qui s'effilocheront au fil du temps. Je ferme les yeux. Savoure. L'an passé, à la même époque, nous nous lancions dans notre première épopée. Les Alpes, de Chamonix à Menton. La descente, comme se plaisent à raconter les enfants. Descente au Sud, parce qu'en terme de dénivelé, on était loin de se la couler douce façon "Et au milieu coule une rivière". 



Cette année, la carte s'est arrêtée sur les Pyrénées. Examen rapide du topo, Gavarnie sera notre point de départ. Nous avons ensuite le choix, Est ou Ouest. Une pièce jetée en l'air. Face: Ouest. Pile : Est. La pièce vole. Retombe. Pile. Ce sera Ouest. Oui, je sais. Mais sur la carte, les lacs affichés ont finalement raison de la pièce. 

À la maison, lorsque je prépare les affaires, les images des Alpes reviennent. Vingt jours de marche, vingt-quatre avec les étapes de repos. Cette fois-ci, ce ne sera qu'une semaine. Une broutille.



Ne rien oublier. Tapis de sol, popote, tentes, affaires de change. Maillots de bain et affaires de plage, parce qu'avant, nous allons nous octroyer une semaine de farniente au bord de l'Océan. À peine arrivés au camping, Lucas chuchote qu'il a hâte d'être en randonnée. Je souris. Savoure. Une pointe (immense) de fierté m'envahit. Je glisse le soir à  Isa qu'au moins, nous aurons réussi une chose dans notre vie en tant que parents. Donner à nos enfants le goût de la nature, de l'aventure. D'une vie simple.

La canicule bat son plein. Même l'Océan, affichant ses vingt-six degrés, ne sait plus comment évacuer la chaleur. Fatigué, il nous offre des ersatz de vagues. Nous transpirons à ne rien faire, la moiteur ambiante nous fait croire sous l'équateur, avec la sensation de suffoquer au moindre geste.



Au bout d'une semaine, les montagnes nous appellent. Dans la voiture silencieuse, chacun médite au sort promis. Un panneau indique Gavarnie. Le Tour y a amené ses cyclistes quelques jours auparavant, restent encore quelques banderoles et peintures au sol. Je laisse ma montre dans la voiture et les treize heures trente qu'elle affiche. Un an après, il est temps de retourner au charbon...



jeudi 18 juin 2026

Tout mon soutien à Justine Braisaz-Bouchet

Les sportifs nous émeuvent, nous transforment et nous passionnent. Ils passent à la télé, gagnent des médailles. Nous jetons notre dévolu sur l'un d'eux, quelques fois plusieurs. Peu à peu, ils deviennent une fraction de nos vies.
Une hâte s'installe à chaque événement, nous faisons partie de leur rituel et eux du nôtre, le sourire à la caméra nous est destiné, leurs succès nous appartiennent.
Nous les mettons sur un piédestal. Nous nous identifions à eux, nous les glorifions. Nous vivons et vibrons à travers leurs victoires, qu'importe leurs travers et leur linge sale. 
Sans nous, ils n'existeraient pas.

Pourtant, au sommet de l'Olympe, on a vénéré des tricheurs, on leur a pardonné. Le présent leur donne encore raison, eux qui n'ont pas de foi et sont au-dessus de toutes les lois. 
Alors nous refusons de les voir tels qu'ils sont. Ils peuvent être menteurs, voleurs, égoïstes, maltraitants, cupides, lâches... Qu'importent les pires défauts, à eux, il faut pardonner, alors que d'autres seraient jugés et iraient en prison pour bien moins. 
Placés au rang de Dieu pour une breloque et un palmarès qui, dans cent ans, seront probablement oubliés.

Ce que je ressens aujourd'hui pour Justine, c'est de la tristesse. Triste du peu de soutien de nos instances, où qu'elles se situent. Parce qu'une médaille, à leurs yeux, a plus de valeur que nos valeurs. Gouvernements et fédérations se valent, ils traînent tous leurs casseroles alors que nous aimerions tant les voir plus sincères, plus justes et transparents. Surtout, plus courageux.

Je ne parle même pas des commentateurs de réseaux sociaux. Les écrans, terrain de jeu des meilleurs entraîneurs du Monde. Sur leur siège, téléphone ou clavier entre les mains, invisibles, ils savent tout, titulaires de nombreux doctorats, thèses, diplômes universitaires. La préparation physique, mentale et science du sport et du jeu n'ont plus de secret pour eux. Prix Nobel de la connaissance et du savoir. De l'humilité aussi. Psychanalystes émérites, ça va de soi, ils sont capables de déceler les moindres failles de l'athlète sans même l'avoir rencontré et n'ont jamais leur langue dans leur poche. Pourtant, ils devraient se la mordre sept fois avant de la sortir.

Je tenais juste à te dire bravo, Justine. Pour ce que tu fais, pour ton courage et ton abnégation. La vie est une question de choix, nous ne devrions pas avoir à nous justifier, encore moins face à tous ces détracteurs. 
Quelques mots de soutien à une athlète à qui on a demandé, somme toute, de ne pas faire de vagues. Dont le seul tort aura été de dire la vérité, dans une société parfois trop gouvernée par le mensonge.

Inutile de rajouter que le mental peut être notre meilleur atout et en même temps notre pire faiblesse. Lorsque les valeurs que nous défendons sont mises en branle, la réussite en pâtit. Comme le dit ce vieil adage, "Bien dans sa tête, bien dans son corps". 
C'était une parenthèse, à ceux qui pensent qu'il est facile de tourner la page.

J'espère que tu reviendras plus forte.
Et même si ce n'est pas le cas, tu as le mérite d'avancer et de rester droite. 
De ça, beaucoup aimeraient s'en vanter.



dimanche 7 juin 2026

J'ai quitté mon travail

Hier, j'ai quitté mon travail. Je ne suis pas parti plus tôt que d'habitude. Je ne l'ai pas perdu.

Je l'ai simplement quitté. 

J'ai pensé à nos ministres, nos députés, nos directeurs, nos présidents. À la corruption, qui gangrène le pouvoir et à tous ces gens de pouvoir aux salaires improbables. À leur manque de scrupule, à l'argent facile, détourné aussi facilement que lors d'une partie de Monopoly

J'ai pensé à nos belles valeurs humaines, celles que nous défendions sur les bancs de classe ou lors de repas de famille. 

Je rêve d'un Monde meilleur. Dans lequel nous pouvons nous regarder dans la glace chaque matin. Sans honte. 

Si j'ai de la tristesse, c'est de savoir que l'on peut agir impunément, qu'en haussant un peu la voix, en s'apitoyant sur son sort, les plus grands mensonges sont pardonnés. Savoir que finalement, tant cautionnent ces injustices et que les promesses d'un avenir meilleur ne sont qu'illusions perdues.Que nous défendions auprès de nos enfants. Le respect, l'honnêteté, la bienveillance, le courage.

Aujourd'hui, nous mettons au pouvoir des Trump, des Sarkozy, des Lang, des Cahuzac, pour ne citer qu'eux. Une liste qu'on ne peut énumérer tant elle est longue. Nous sommes dirigés par des menteurs, des voleurs, des profiteurs. Nous applaudissons des Virenque, des Jalabert, des Armstrong. Des Hingis, des Jones et des Lewis.

Plutôt que de nous révolter, nous ignorons, pire, nous cautionnons.

Je rêve d'un Monde meilleur. Dans lequel nous pouvons nous regarder dans la glace chaque matin. Sans honte. 

Si j'ai de la tristesse, c'est de savoir que l'on peut agir impunément, qu'en haussant un peu la voix, en s'apitoyant sur son sort, les plus grands mensonges sont pardonnés. Savoir que finalement, tant cautionnent ces injustices et que les promesses d'un avenir meilleur ne sont qu'illusions perdues.

Ma colère finira peut-être par s'apaiser. Comme dans toute séparation, seul le temps saura l'atténuer.

Hier, j'ai quitté mon travail. Je ne voulais plus côtoyer les menteurs ni les voleurs. Je n'en pouvais plus de la lâcheté. Des histoires d'argent. De l'abus de confiance.

Hier, j'ai quitté mon travail.

Mais je l'ai quitté la tête haute.




jeudi 4 juin 2026

MaxiRace 2026

Je n'ai pas terminé ma MaxiRace

Ok, je viens de tuer tout suspens de ce récit. C'est un peu comme si je vous annonçais en début de lecture d'un thriller qu'ils vont tous mourir à la fin, tués par Monsieur Moutarde avec le couteau à beurre (sans dent et avec bout arrondi, c'est dire si ça peut faire mal).
Cette année encore, et pour la troisième fois d'affilée, j'avais un ravitailleur/suiveur de choc en la personne de Titouan, venu effectuer mon assistance écolo sur son vélo. Adepte des sorties au long cours, ce n'était pas les quelques 200km sur les routes qui allaient l'effrayer.
Malgré une semaine un peu intense au boulot, j'étais prêt à affronter les cimes bordant le lac d'Annecy, d'autant plus que cette année, la course offrait une grande nouveauté: nous allions effectuer le tour dans le sens horaire. Hormis quelques passages communs aux dernières années, nous empruntions des sentiers inédits avec un détour par Talamarche, puis une incursion dans les Bauges après la base de vie de Doussard.
A 1h25 du matin (autant vous dire que je cherche encore ce qu'il a été de la nuit sur l'oreiller), une belle bande d'illuminés s'est mis en quête du tour du lac. Je retiens encore le footing dans la vieille ville pour rallier la ligne de départ, au milieu de tous les fêtards allant de bars en boîte de nuits, marchant de travers et n'arrivant pas à aligner deux mots.

Ces départs nocturnes sont uniques, emprunts d'une atmosphère particulière. Bon, côté atmosphère, c'était la fournaise, avec un thermomètre affichant une vingtaine de degrés à la mise en route du chrono. La journée qui suivrait s'annonçait chaude, et je crois que nous avions tous en tête d'arriver le plus vite possible pour éviter la cuisson complète. C'est comme un steak, il faut qu'il soit saignant pour l'apprécier. 
Pour la première fois de ma vie de traileur, j'ai pris un départ extrêmement prudent. A la fin des 15 minutes de plat qui nous menait jusqu'au pied du Veyrier, j'affichais fièrement une centième place.
Ensuite, j'ai commencé à remonter. 70ème dans la moitié du Veyrier, 40ème dans la montée d'Alex. 25ème en haut de Talamarche, avec l'aube qui affichait ses premières lueurs. Je sentais une petite gêne dans la fesse gauche, mais rien de bien méchant. J'ai imaginé une légère contracture. J'étais dans une bonne gestion de mon effort et l'écart avec les premiers était tout à fait correct.



Arrivé à mi-course, Titouan me donne de quoi repartir avec le sourire (repas du roi préparé par Isa, ma compagne : jus de cornichons, purée de brocolis sur son lit de reblochon un an d'affinage et ses asticots qui vont avec, eau-de-vie de choucroute pour le boost). Je repars donc frais comme un gardon en direction des Bauges.
C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à perdre des places. La douleur a lentement fait son travail de sape, titillant légèrement mon genou droit. J'ai eu cette vision de la CCC de 2021, pendant laquelle j'ai vécu un véritable chemin de croix. 





La descente du Col de la Bornette a été très compliqué. Malgré les carambars "kipik" et donnent la langue bleue offerts lors d'un point d'eau improvisé.
A Bellecombe-en-Bauges, j'ai fait un long arrêt. Je me voyais encore terminer la course. Ne me restait que le Semnoz, dernier morceau de l'aventure.
Je suis reparti, j'ai fait cent mètres avec des aiguilles dans le genou. Le TFL, c'est un peu cette sensation, qui s'accentue au fil des kilomètres et des flexions.
C'est à ce moment que j'ai dit stop. J'ai décroché le dossard. J'étais à l'embranchement d'une route, j'ai tendu le pouce et fait du stop.
La course était terminée.
C'était mon premier Ultra de l'année, il ne s'est pas terminé comme je l'aurais souhaité.
Heureusement, la petite famille était là pour partager un moment en haut du Semnoz. Mes enfants avaient même prévu des petites pancartes pour m'aider à vendre ensuite mes livres sur mon stand, après la course.





Le sport m'apprend beaucoup. Bien sûr, il y a l'abnégation, la résistance, la résilience. Mais il y a aussi ce plaisir, fondamental. Lorsqu'on prend un départ sur un Ultra, il faut prendre en compte de nombreux paramètres, et comprendre que l'abandon n'est pas une fin en soi. Avoir la lucidité, à tout moment, de faire les bons choix. Les motivations d'un abandon sont nombreuses. Aller au bout, oui, mais pas à n'importe quel prix. La ligne d'arrivée d'une épreuve sportive n'est pas un aboutissement, le sport doit rester un jeu, un amusement, on n'y joue pas sa vie. Ces courses sont des aventures et ces aventures, même hors-normes, ne restent que des courses. J'aurais peut-être pu finir, oui. Mais dans quel état ? Aujourd'hui, ma priorité est de partager des aventures humaines, comme cette traversée des Alpes en famille effectuée l'an passé, tellement plus riche en émotion qu'une course chronométrée qui, somme toute, reste une épreuve individuelle.
Il me reste encore des objectifs cette année, avec cet UTMB en août. J'espère que le corps aura récupéré et que je serai en possession de tous mes moyens.
Et je reste fidèle à mon idée principale : le plaisir d'abord avant de penser au résultat.
Qui vivra verra...

Merci Rossignol, mon partenaire de toujours
Nutripure pour l'énergie
crocandgo pour les barres
Lagolight pour la lampe
Julbo pour les lunettes
Sidas les chaussettes
La MaxiRace et Stéphane Agnoli pour le salon et le dossard

mardi 12 mai 2026

Un jeudi comme les autres

Ce matin, en écrivant ces quelques lignes, les yeux bouffis du manque de sommeil et les jambes endolories, je me dis que la vie n'est pas un long fleuve tranquille.
Que le boulot de parent n'est pas facile et qu'on ne réfléchit pas toujours aux engagements qu'on prend auprès des enfants.
Jeudi, nous avions promis à Lucas (notre deuxième) un bivouac avec ses camarades pour fêter son anniversaire. Heureusement pour nous, jeudi était justement la seule journée de la semaine à nous proposer une météo clémente.
Achat de saucisses, chamallow à faire griller (parce que bien entendu, en bons vadrouilleurs, nous allions préparer un petit feu, grande source de motivation pour les enfants), préparation du sac et à 18h, nous étions prêts à aller crapahuter quelques kilomètres pour rejoindre notre lieu de campement. Il va sans dire qu'au bout de dix minutes de transpirée, j'avais déjà droit à l'éternelle question, qui sonna bientôt sans relâche: "Quand c'est qu'on arrive ? "
Ok, les marmots, il va falloir donner un peu de votre personne, parce qu'un feu, ça se mérite !
C'est donc gaiement (ou pas, quand les enfants ont une idée en tête -raccourcir distance et temps de trajet pour jouer enfin avec des allumettes-), que nous avons traversé une partie de la forêt pour arriver au lieu Saint.
Vous imaginez bien que la première chose que les enfants ont fait en arrivant, c'est aider à monter les tentes, installer le campement, déblayer le sol des cailloux... Dans nos rêves, oui. 
-Papa, tu nous donnes les allumettes ?
Peu après, les flammes crépitaient dans un ciel accueillant, loin des orages et des averses prises en début de semaine.

Jusque là, topo à peu près classique et sans grand intérêt, qui pourrait vous soutirer l'esquisse d'un sourire en coin. Amis lecteurs, ne partez pas tout de suite vaquer à d'autres occupations, c'est là que ça va se corser.
Nous étions deux adultes et sept enfants. Trois tentes. Les enfants ayant une dizaines d'années, nous les avons estimés suffisamment grands et raisonnables pour avoir leur propre tente sans surveillance d'adulte, à savoir une tente de filles, une de garçons, et la nôtre juste à côté. Avec extinction des feux (façon de parler) à vingt-deux heures. Nous avions bien entendu promis aux autres parents que nous ramènerions leurs enfants frais et dispos pour le lendemain. 
Papa est un doux rêveur (raison pour laquelle il aime tant écrire) et maman dira qu'il lui déteint dessus. Parce qu'à vingt-trois heures, les enfants braillaient encore à tue-tête dans leurs tentes respectives, faisant fî des consignes parentales. Et cadrer un enfant ou deux lorsqu'ils sont juste en face de vous, passe encore, mais imaginez sept monstres loin des yeux, princes de leur royaume ?!

Ce petit monde a quand même fini par s'endormir. Sauf qu'à deux heures du matin, la pluie est arrivée. Et que, voyant la nuit claire et étoilée lorsque nous avons fermé les toiles, ni Isa ni moi n'imaginions que quelques gouttes viendraient se mêler à l'histoire, et beaucoup d'affaires traînaient dans l'herbe, attendant sagement notre réveil matinal.
Au moment où je me suis décidé à sortir, les gouttes se sont calmées et ma flemme a eu raison de mon entrain. Une averse passagère. Sauf qu'une heure plus tard, il pleuvait à verse. Réveil en sursaut pour aller ranger ce qui pouvait être sauvé.
Retour dans la tente.
Nouvelle tentative pour s'endormir.
Sauf... qu'à quatre heures, ma tendre moitié, n'y tenant plus, doit aller faire son petit pipi matinal. Ma place étant devant l'entrée, voilà qu'elle me marche dessus, m'écrase comme il se doit, à l'aller comme au retour, me sortant de Morphée que je venais tout juste de trouver.
A quatre heure trente, un hélico a fait chanter ses pâles pas loin de nos têtes.
Se rendormir, et vite. Tout le monde sait que lorsqu'on est parent, le sommeil est précieux et que chaque minute est indispensable avant le...
réveil des enfants. Cinq heures du matin. Je ne vous mens pas. Cinq heures. Pas une minutes de rab. Une voix émane d'une des tentes.
HÉ LES MECS ON SE RÉVEILLE !!!!
J'ouvre un oeil. Non, par pitié, pas ça. 
On a essayé de donner de la voix. Autant demander à des muets de brailler sur des sourds. Mais croyez-le ou non, le silence est revenu au bout de trente minutes.
Sauf que (sinon ce serait pas drôle), les piafs sont arrivés à ce moment-là. Et vas-y que je chante à tue-tête. Malgré l'incroyable isolation des tissus qui nous abritaient (double toiles, c'est pas rien), c'est comme s'ils chantaient à l'intérieur des tentes.
A six heures, les piafs se sont arrêtés, mais les mômes ont repris le relais.
A sept heures, les monstres couraient dans tous les sens, on a compris que notre nuit était définitivement terminée.
On a ramené tout ce petit monde à la maison. 
Puis les parents sont venus récupérer leur progéniture. La maison s'est vidée. Je sais pas pour les autres parents, mais nous, on a mis nos enfants au lit. 
Le silence est revenu.
On s'est regardé avec Isa. Et d'un commun accord, on s'est dit : PLUS JAMAIS.
Enfin, jusqu'à l'année prochaine.






mardi 21 avril 2026

L'hiver de tous les dangers

Sur cette fin de saison, on est souvent venu me voir en fin de course. Les spectateurs tout d'abord, pour me remercier. 
Pourquoi ? Durant mon effort, je les félicitais de leurs encouragement.
Les coureurs également, lorsque je les complimentais chaque fois qu'ils me doublaient, ou alors ceux que je congratulais lorsque je les doublais.
Oui, à chaque fois, j'avais le pouce levé en l'air. Malgré moi. Après ma Transjurassienne avortée et un pouce en vrac, j'aurais dû remiser les skis dans le garage et attendre l'hiver prochain pour enfiler de nouveau les dossards. On m'a même fait un arrêt de travail jusqu'à début avril. Mais bon, un arrêt de travail quand on est à son moniteur et à son compte...
J'ai donc continué à enseigner, et puis aussi à mettre les dossards. La seule obligation : ne pas tomber. J'avais donc toujours mon pouce levé vers le ciel, enrubanné comme il se doit.
Bon, je sais, c'était pas très sérieux, et je me suis bien gardé de cacher mes escapades auprès du corps médical 😁

Après un dernier dossard aux Championnats de France des clubs aux Saisies avec mon club du Pays Rochois, je me dis que la saison n'a pas été si mauvaise. Très régulier sur les épreuves de longue distance, j'ai quasi systématiquement joué le podium jusqu'aux derniers kilomètres, sans jamais réussir à monter sur la boîte. 
6ème au Marathon de Bessans, au Marathon des Glières ainsi qu'à la traversée de la Ramaz
7ème à la Savoyarde
8ème à la Foulée Blanche ainsi qu'à l'Etoile des Saisies
Ma saison la plus régulière depuis 2019 !

S'il est temps de dresser un bilan de la saison, voilà ce que j'en retiens: après une opération du ménisque en novembre, une sciatique en décembre et une fracture ouverte avec luxation en février, je commence à avoir des doutes. Jusqu'à présent, je pensais que le ski de fond n'était pas le genre de sport à se blesser. Je crois qu'à quarante cinq balais, il est temps de revenir sur mes postulats. Le ski de fond est un sport à risques.
Pour une vie plus paisible, je me pose donc la question d'une réorientation moins traumatisante. 
J'hésite entre la pétanque et le curling.
Pourquoi pas le billard.
Ou même les fléchettes. Mais doué comme je suis, je serais encore capable de m'en planter une dans le c.. (mot en trois lettres, finissant par l, avec voyelle au milieu. Oui, on parle bien du cil, en bout de paupière)
Ou alors, y'a aussi les dominos.

Affaire à suivre. 


Photo: Nils Louna



samedi 7 mars 2026

le ski de fond

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu marches en canard, on dirait que t'as un balai dans le c...
Je tourne la tête et soupire. 
Ce qu'il m'arrive ? Suivant les conseils d'un ami, j'ai essayé le ski de fond. "Tu verras, qu'il m'a dit, c'est incroyable. Par contre, pour tes débuts, faut pas hésiter à prendre un cours".
Un cours ? Pour quoi faire ? C'est bon pour les nuls tout ça, moi, je suis un homme, un vrai de vrai. D'autant plus que depuis ma plus tendre enfance, j'arbore fièrement mon piou-piou d'or obtenu lors des cours d'alpin ESF à la station du coin. 
La glisse n'avait donc plus de secret pour moi. Je m'en suis donc gaiement allé louer du matériel et faire ma première sortie de fond.
A peine chaussé les skis, je me suis retrouvé le cul par terre. De nouveau debout, un pas et rebelotte, j'étais au sol. J'ai inspecté mes skis, pensant à un défaut de fabrication. Un type est passé à côté de moi.
- Vous devriez prendre un cours, ça serait plus simple pour une première.
J'ai fait ma tête de nœud, persuadé que j'y arriverais par mes propres moyens. Le type, voyant ma peine, a eu pitié et a commencé à me donner quelques conseils.
Déjà, il faut écarter les jambes, pour faire le canard. Il m'a montré la position, et m'a fait passer devant lui pour me corriger.
J'ai fait deux premiers pas, pieds écartés, dès les suivants, j'étais pieds côte à côte.
- Le canard, a-t-il scandé
Deux nouveaux pas comme il m'a montré, puis bis répétita.
- Le canard ! a-t-il crié.
J'ai soufflé. Recommencé.
- Le canard...
La moutarde m'est monté au nez.
Bon, mon pote, on a pas élevé les cochons ensemble, à ce que je sache, donc tes noms d'oiseaux, tu les gardes pour toi. J'ai rien dit, mais je l'ai pensé très fort. 
Voyant mon exaspération, il a essayé autre chose.
- Il faut mettre tes skis en V. L'inverse du chasse neige, où tu fait un A. Il faut réussir à former un triangle pas trop aigu, ni trop obtus. Toujours avoir un angle ouvert, si c'est parallèle, ça fonctionne pas. Par contre, quand je vois tes bâtons, je me dis qu'ils sont trop grands. Zéro virgule quatre-vingt-sept fois ta taille, de manière à les planter...
Le sang a commencé à me monter, j'avais pas arrêté les études au bac pour qu'on m'assène encore des cours de français et de maths. J'ai commencé à me voir en Jean Claude Dusse dans les Bronzés font du ski et la folle envie de lui planter le bâton là où je pense.
Après vingt minutes de conseils, on est allés mettre en pratique tout ça avec un tour de piste.
Ce jour là, il faisait à peu près vingt degrés. Au-dessous de zéro. Plus froid que dans mon congélateur.
 Au bout de dix minutes, je respirais comme un bœuf, les bras et les jambes en feu. Incapable de respirer correctement, j'ai commencé à pousser des râles d'agonie.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Ce que je ne savais pas, c'est que la combinaison de l'effort et du froid change les muqueuses. En plus de la bave qui sortait de ma bouche, mon nez s'est mis à couler. La température a rapidement transformé l'écoulement nasal en deux stalactites, s'allongeant à vitesse grand V. Les stalactites, rejoignant la bave de ma bouche, ont réussi à former une magnifique colonne de morve gelée, qui, si je n'avais pas stoppé mon effort pour arrêter les dégâts, aurait probablement fini par racler la neige sur laquelle je tentais de glisser.
Tout ça n'était pas très glamour et effectivement, me sont revenues en vision ces images de galériens dans leurs compétitions ou le bas du visage n'est plus qu'un amas de mucus blanchâtre glaireux peu ragoutant. 
Au bout d'une heure de galère qui m'a paru une journée entière, le type m'a suggéré d'essayer plutôt le classique.
"Parce que le classique, m'a-t-il dit, c'est fantastique".
Je l'ai regardé.
Il m'a regardé.
Pour la rime... a-t-il avancé.
J'ai eu des envies de meurtre.
- Bon, alors... Salut hein!
Le type m'a finalement abandonné.
Le froid, continuant son travail de sape, a contracté ma vessie. L'heure de la vidange. Sauf qu'au moment de dégoupiller, y'avait plus rien dans le caleçon. Dans la coquille l'escargot ! Sans parler des cacahuètes, probablement remontées jusqu'aux oreilles.
Je crois que j'ai compris pourquoi ma compagne avait autant insisté pour que je me mette au ski de fond. Au moins, plus besoin de prétexter la migraine du dimanche soir. 
Je me suis dit qu'au moins, les femmes avaient quelque chose à gagner dans cette affaire.
Bref.
Depuis hier, je marche en canard. Et si quelque chose a poussé entre mes jambes, ce n'est pas ce qu'on peut penser, mais des contractures musculaires qui m'empêchent de poser correctement une jambe devant l'autre.



dimanche 8 février 2026

L'ironie du dossard 13

Comme beaucoup le savent, j'ai la fâcheuse tendance à trop me tourner les pouces. Comme le dirait le personnage principal de "Trois petits pas", adepte du canapé et du farniente.
Mais parfois, je sors de ma léthargie, de ma vie calme et linéaire pour chercher un peu d'aventures sur les compétitions.
(Pour ceux qui ne me connaissent pas, merci de vous renseigner avant toute conclusion hâtive suite à cette mise en bouche).

J'avais le dossard 13.
Non, je ne suis pas superstitieux.
Ce dimanche, pour ma 14ème Transju, j'étais persuadé que les étoiles s'aligneraient. D'autant plus qu'après n'avoir pas terminé (et à peine commencé) ma 13ème Transju l'an passé, franchir une 13ème fois la ligne d'arrivée me paraissait à ma portée.
J'avais pour ambition de jouer devant, mais le corps étant ce qu'il est, il en avait décidé autrement pour aujourd'hui. Dès la première montée au Massacre, j'ai bien senti que le massacre serait pour moi. Bras et jambes asphyxiés, je n'ai jamais autant fait mon jeune âge. Je me suis dit qu'avec le petit régime dissocié fait en début de semaine (dans l'espoir d'une longue Transju), je préviendrais à retrouver un second souffle. 
C'était sans compter mon deuxième poumon égaré quelque part sur le parcours. Tant et si bien qu'à mi-parcours, je ne pensais plus à la place mais seulement à terminer. Je n'imaginais pas que la ligne d'arrivée ne serait pas non plus à ma portée. À quatre kilomètres de l'arrivée, un coureur me porte l'estocade et me fait valser dans les décors.
J'ai senti un truc bizarre à ma main. Voyant malgré le gant mon pouce tordu dans l'autre sens, j'ai immédiatement voulu le remettre en place. Mais en enlevant le gant, j'ai bien vu que quelque chose clochait (et c'était pas la cloche de la Transju).

Le machin blanc, c'est pas une ampoule ni une cloque mais bien l'articulation...


L'articulation était sortie de sa charnière et s'était fait la malle. À croire que même elle ne supportait plus les souffrances que j'inflige à mon corps 😁
L'arrivée, elle s'est faite aux urgences. Bon, faut voir le bon côté des choses, c'est le pouce gauche et je suis droitier, je vais pouvoir continuer à écrire!

Et pour me redonner un peu d'énergie et de moral, vous allez être obligés d'acheter mon livre 😉 allez, une petite BA, surtout que les critiques sont excellentes.