Toujours les mêmes gestes. Chaque secondes, chaque minute, chaque jour. Jambe gauche bras droit, jambe droite bras gauche. Avancer, souffler, respirer, s'arrêter, regarder, repartir.
L'altitude rend les mouvements plus lents, il faut accorder son corps à sa tête, sa tête à son corps. Le paysage, lui, s'accorde à tout. Ici, loin des Hommes, tout est plus doux, plus sauvage, plus lent. Plus beau. Les chemins, trop peu foulés, perdent leurs traces entre prairies et rochers. La carte nous rassure, nous sommes sur la bonne route, et il se passe une journée sans que nous ne croisions le moindre marcheur. Au début, les montagnes nous rappellent les Alpes. Tout ça pour ça, traverser la France pour finalement avoir les mêmes vues... Mais à mesure que nous cheminons, elles deviennent à part, uniques. Oui, les Pyrénées. Ce petit quelque chose de démesuré. Des vallées plus étroites, peut-être. Ou alors les cirques.
Finalement, il est difficile de comparer. Nous sommes heureux. Loin de tout. Des hommes. Du quotidien et de sa folie, qui finit par nous happer sournoisement. Pourtant, nous savons, mais il y a ce fameux engrenage.
Gavarnie était trop fréquenté. Trop proche des routes, des parkings avalant les voitures par milliers. Il y manquait l'authenticité. Mais dès que l'on s'éloigne des sentiers battus, nous retrouvons le silence. Les Izards et les marmottes, déjà grasses d'avoir trop mangé alors que l'été vient à peine de commencer. Notre carte nous indique sur le GR11, et après une longue descente bordée de falaise - un régal pour les yeux -nous faisons une halte à Panticosa. Les maisons sont de pierre, il est midi et la besace est pleine. La chaleur ne nous épargne pas et après une nouvelle heure de marche, nous trouvons un coin d'ombre pour manger. Ce chemin entre Panticosa et Sallent de Gallego est peu à notre goût, mais il faut avancer. Le soir, notre halte se fait au bord d'un lac. Ce que nous ne savions pas, c'est qu'un chenil était juste en face, sur l'autre côté de la berge. Et que les chiens s'en sont donné à coeur joie toute la nuit, qui s'est transformée en calvaire pour nous. Décidément, il nous faut vraiment rester loin de la civilisation !
Lorsque nous replions les tentes, je compte les jours passés. Déjà trois. Dans ma tête, une ritournelle: Se réveiller chaque seconde en ne vivant que pour aujourd'hui. Cheminer toujours, se projeter, s'émerveiller. Ne jamais laisser les doutes ternir la moindre seconde de vie.
Il est temps de se remettre en route.






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire