Je ne vais pas vous mentir, après un printemps à me trainer comme un légume, énergie et envie au raz des pâquerettes, j'avais de sérieux doutes quant à ma participation à cette grande boucle. J'ai longuement pensé aux nombreux prétextes, excuses, tournant et retournant la question d'un DNS (le fameux Did Not Start) dans tous les sens. Mais ne sachant pas de quoi serait fait demain, je me suis dit qu'il serait dommage de louper la grande Messe du trail. Rien que pour l'ambiance, qui fait rêver tous traileurs (à une ou deux chaussures près. Avis aux détracteurs).
L'envie est revenue au courant de l'été lorsque nous sommes partis en famille faire une itinérance dans les Pyrénées. En rentrant de trek, j'ai continué d'enfiler les baskets, fait quelques belles bambées. Chemin faisant, les jours ont raccourci et un beau jour, je me suis retrouvé à Cham avec un dossard accroché au ventre (qui avait pris une ou deux tailles de trop avec l'oisiveté printanière). L'impression d'être jeune, casquette vissée sur la tête, les jambes frétillantes et le corps plein d'envie. En plus, j'avais trouvé une assistance de choc de dernière minute (Merci mille fois Léonie), prête à passer une nuit aussi blanche que la mienne.
Je suis arrivé le mardi. Chamonix était en pleine effervescence, la MCC était déjà pliée, les coureurs de la TDS en train de vivre un moment hors du temps (météo pourrie, si si, vous avez bien lu. Après quatre mois de sécheresse et de canicule, dame nature avait choisi LA semaine pour inverser la tendance et bazarder tout ce qu'elle avait en stock (orage, foudre, grêle, froid...) pour en faire voir de toutes les couleurs aux coureurs.
Les rues étaient foisonnantes, touristes et traileurs venus des quatre coins du Monde déambulaient dans les allées bondées, et je savais que les trois prochains jours allaient être très, mais alors vraiment trèeees longs. Comme beaucoup ici, je n'avais qu'une hâte, être enfin sur la ligne de depart pour en découdre.
L'attente se sera prolongée jusqu'au dernier moment. Les orages ayant été annoncés jusque tard dans l'après-midi du vendredi, le départ a été déplacé de deux heures. On s'est calé avec Léonie pour faire un point sur les différents ravitaillements, et à trente minutes du moment fatidique, je suis allé rejoindre la foule de participants sous l'arche de depart. Excité comme une puce, cardio déjà à 200 alors que je n'avais pas encore fait trois petits pas (message subliminal, il va bien falloir vois décider à l'acheter si vous ne l'avez pas encore, en plus Noël approche, c'est le cadeau idéal 😇).
Je rentre par le sas élite. Dans la tête, l'ambition de terminer dans les 40 premiers. Être sous les 24 heures, m'approcher des 22 heures. Je sautille, plein de rêves et de bonne volonté. La foule est omniprésente, l'ambiance de départ électrique. Ludo, incontournable speaker des plus grands événements, lance le décompte. La musique résonne contre les murs de pierre des bâtiments. Soudain, il n'y a plus un bruits. Plus un souffle, plus un geste, seulement les battements de coeurs, qui font trembler le pavé...
