Les sportifs nous émeuvent, nous transforment et nous passionnent. Ils passent à la télé, gagnent des médailles. Nous jetons notre dévolu sur l'un d'eux, quelques fois plusieurs. Peu à peu, ils deviennent une fraction de nos vies.
Une hâte s'installe à chaque événement, nous faisons partie de leur rituel et eux du nôtre, le sourire à la caméra nous est destiné, leurs succès nous appartiennent.
Nous les mettons sur un piédestal. Nous nous identifions à eux, nous les glorifions. Nous vivons et vibrons à travers leurs victoires, qu'importe leurs travers et leur linge sale.
Sans nous, ils n'existeraient pas.
Pourtant, au sommet de l'Olympe, on a vénéré des tricheurs, on leur a pardonné. Le présent leur donne encore raison, eux qui n'ont pas de foi et sont au-dessus de toutes les lois.
Alors nous refusons de les voir tels qu'ils sont. Ils peuvent être menteurs, voleurs, égoïstes, maltraitants, cupides, lâches... Qu'importent les pires défauts, à eux, il faut pardonner, alors que d'autres seraient jugés et iraient en prison pour bien moins.
Placés au rang de Dieu pour une breloque et un palmarès qui, dans cent ans, seront probablement oubliés.
Ce que je ressens aujourd'hui pour Justine, c'est de la tristesse. Triste du peu de soutien de nos instances, où qu'elles se situent. Parce qu'une médaille, à leurs yeux, a plus de valeur que nos valeurs. Gouvernements et fédérations se valent, ils traînent tous leurs casseroles alors que nous aimerions tant les voir plus sincères, plus justes et transparents. Surtout, plus courageux.
Je ne parle même pas des commentateurs de réseaux sociaux. Les écrans, terrain de jeu des meilleurs entraîneurs du Monde. Sur leur siège, téléphone ou clavier entre les mains, invisibles, ils savent tout, titulaires de nombreux doctorats, thèses, diplômes universitaires. La préparation physique, mentale et science du sport et du jeu n'ont plus de secret pour eux. Prix Nobel de la connaissance et du savoir. De l'humilité aussi. Psychanalystes émérites, ça va de soi, ils sont capables de déceler les moindres failles de l'athlète sans même l'avoir rencontré et n'ont jamais leur langue dans leur poche. Pourtant, ils devraient se la mordre sept fois avant de la sortir.
Je tenais juste à te dire bravo, Justine. Pour ce que tu fais, pour ton courage et ton abnégation. La vie est une question de choix, nous ne devrions pas avoir à nous justifier, encore moins face à tous ces détracteurs.
Quelques mots de soutien à une athlète à qui on a demandé, somme toute, de ne pas faire de vagues. Dont le seul tort aura été de dire la vérité, dans une société parfois trop gouvernée par le mensonge.
Inutile de rajouter que le mental peut être notre meilleur atout et en même temps notre pire faiblesse. Lorsque les valeurs que nous défendons sont mises en branle, la réussite en pâtit. Comme le dit ce vieil adage, "Bien dans sa tête, bien dans son corps".
C'était une parenthèse, à ceux qui pensent qu'il est facile de tourner la page.
J'espère que tu reviendras plus forte.
Et même si ce n'est pas le cas, tu as le mérite d'avancer et de rester droite.
De ça, beaucoup aimeraient s'en vanter.

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