Nouveau roman "Trois Petits Pas"

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dimanche 19 mai 2013

Reprise

Les skieurs ont repris l'entraînement. Tout le monde le clame, c'est comme qui dirait dans l'air du temps. Machin a repris le vélo, bidule est allé faire un stage dans les îles, sans oublier truc, qui a pu chausser les skis au fin fond de la Norvège.
Alors c'est à mon tour de le clamer haut et fort: Hier (quand je dis hier, c'était un moment passé, terminé, daté qui n'a pas de lien avec le présent, mais qui n'est pas forcément la veille d'aujourd'hui), j'ai repris l'entraînement!
Il y avait encore de la neige dans les montagnes, j'ai longuement hésité entre le vélo, le ski. Le ski, le vélo.
Et vu que je n'ai pas su prendre une décision, je suis monté en vélo faire du ski.
Il n'y a rien de drôle là-dedans. J'avais juste envie de vous le dire.

Bref, je suis allé faire du Skiclisme.

lundi 6 mai 2013

22, v'là l'bilan

Pour bien comprendre ce bilan, il faut repasser en revue les quelques histoires de la saison (en lien pour ceux qui n'auraient pas suivi)
Il y a tout d'abord eu cette fameuse histoire du chiffre 4, qui m'a collé à la peau pendant plusieurs week-end. J'ai eu un mal fou à m'en défaire, mais j'y suis quand même arrivé, virant par la même occasion ma canne de p'tit vieux
Piqué dans ma fierté de me voir affublé du titre de "vétéran", que l'on utilise pour bien vous faire comprendre que vous êtes désormais vieux et bientôt bon à remiser avec les outils et carcasses de voitures hors d'usage, j'ai voulu monter que je pouvais encore donner du fil à retordre aux jeunes.
Mais, dixit le proverbe, "il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". Le mois de janvier, comme qui dirait, c'était la caca, la cata, la catastrophe. J'ai soupçonné -à tort- quelqu'un de m'avoir volé ma forme, ce qui aurait expliqué mes performances en berne. Fausse alerte, cette bonne et vieille forme avait fugué et, en mal de moi, elle a  fini par revenir. Juste à temps pour satisfaire ma curieuse addiction aux cloches. Une magnifique victoire à la Transjurassienne a offert de la compagnie aux deux existantes (la première, celle de la Transju 2011, et l'autre, celle du goujat qui se veut drôle...)
Cette victoire, je la dois aussi à mon sérieux. J'ai simplement réappris à compter, me convainquant sans cesse qu'après le "un", il y avait le "un" et puis encore le "un". Tout bonnement. Et ça a marché. Tout bêtement. D'autant plus que le un, il est facile à prononcer, il ne râpe pas la gorge, et est doux à l'oreille. 
J'aurais bien voulu l'entendre de plus nombreuses fois, mais la forme est capricieuse et n'en fait parfois qu'à sa tête, et bien que je l'aie attachée pour qu'elle ne me refasse pas une nouvelle fugue, j'imagine lui avoir laissé trop de jeu, ce qui expliquerait ces quelques secondes qui m'ont manqué lors des sprints finaux de certaines grandes courses.
Aujourd'hui, après une courte pause, il va falloir reprendre le chemin de l'entraînement. Avant cela, je suis allé naviguer sur internet pour faire une commande importante. Vous vous en doutez, je me suis acheté des cerceaux. 
Comment ça, pour quoi faire ? Bah, pour les Jeux Olympiques! Si je veux essayer d'y aller, il faut bien que je commence à m'entraîner rapidement.




dimanche 21 avril 2013

Une course en Norvège


J’ai longuement hésité. J’y vais, j’y vais pas. J’y vais pas, j’y vais…
Fin de saison, fatigue, manque de motivation, printemps… A vrai dire, je ne savais même plus trop quelles raisons pouvaient orienter ma décision en faveur du départ. La raison aurait voulu que face à cette balance dont tous les arguments penchaient à la faveur du non, je m’abstienne.
Il n’aurait pas été étonnant que je reste. Mais j’étais sensé être homme de paradoxe, et pour ne pas ternir une réputation dont j’avais eu un mal fou à me forger, je suis donc parti. Où ça ? Pour une course en Norvège, trois semaines après les dernières épreuves françaises. Le plus difficile était moralement. Ça impliquait de ne pas remiser tout de suite ses skis dans le placard, poursuivre quelques séances d’entraînement sur neige, par plus de vingt degrés, et se dire que j’allais encore en baver une nouvelle fois cette saison.
J’ai mis mes affaires dans la voiture et j’ai pris la direction de l’aéroport. Il y avait des bouchons dans Genève. Des travaux par-ci par-là, et j’ai failli louper l’avion. Le jeudi soir, j’atterrissais en Norvège, pas loin d’Oslo. Le lendemain, je loupais le train pour quelques minutes. J’avais trois heures de trajet pour rejoindre le site de course. J’ai donc opté pour le bus. Le bus a pris du retard, et j’ai loupé la correspondance pour les derniers cinquante kilomètres. Je me suis retrouvé à faire du stop, perdu au milieu de nulle part, la housse sur une épaule, le sac sur l’autre et l’estomac criant famine. Mais j’ai fini par arriver à bon port.
Le lendemain, nous devions, tous les concurrents, prendre un train qui devait nous amener au départ. Il y a eu une panne d’une heure, et nous avons donc loupé le train que nous devions prendre. Même si le départ a été décalé, il s’en est fallu de peu pour qu’on le loupe. Mais je l’ai eu. On l’a eu. Finalement, j’ai commencé à me demander si, dans l’enchaînement malheureux des événements, je n’avais pas une certaine part de chance, vu que j’arrivais toujours à avoir ce pour quoi j’étais là.
On a fait la course, j’ai pris un mauvais départ, et j’ai loupé le wagon de tête. J’ai néanmoins réussi à le rattraper, et au fil des kilomètres, on s’est retrouvé à trois pour jouer le podium. Trois bonhomme pour trois places, ça tombait bien. Je me suis battu jusqu’au bout, mais j’ai terminé deuxième. Deuxième, c’était pas mal, j’étais fatigué, content de moi, je venais de clore une belle saison.
–T’aurais pu gagner, non ? m’a-t-on fait au retour.
Je n’ai pas compris la remarque. Deuxième, ça restait une jolie place. J’avais terminé à quelques secondes du vainqueur.
En fait, j’avais loupé la Subaru.
Oui, il y avait une Subaru pour le vainqueur. En rentrant, ma vieille 106 m’attendait sur le parking. Je suis quelqu’un de fidèle. Et puis, je l’avais depuis tant d’années, ma vieille titine. Qu’est-ce que j’aurais fait d’une Subaru rutilante, brillante, toute neuve ?
J’ai mis le contact, le moteur a toussé et s’est étouffé. Un gros nuage de fumée est sorti du pot d’échappement. Ensuite, plus rien. Je suis resté en plan sur le parking.
Oui, j’ai loupé la Subaru…

jeudi 18 avril 2013

Pensée du Jour (numéro 3)

Grandir, ce n'est pas oublier ses rêves avec sa jeunesse, mais s'épanouir en leur faisant prendre vie


© Benoît Chauvet

samedi 13 avril 2013

Les soucis existentiels

Je porte des lunettes. Oh, ça date... Depuis la sixième, peut-être la cinquième. Donc oui, ça fait un petit bout de temps. J'en ai d'abord eu de jolies bleues. A cette époque, je n'en avais besoin que pour lire au tableau lorsque j'étais en bout de salle. Les rouges, c'est quand il a fallu en avoir pour regarder aussi la télé. Les rondes, c'est quand il a fallu les mettre quasiment tout le temps. L'épaisseur des verres se rapprochait de celle des verres à boire. Des culs de bouteille, auraient clamé les petits malins. C'est à ce moment qu'il a fallu opter pour les lentilles de contact. Un choix judicieux, permettant de cacher au monde environnant cette fameuse tare que je traînais depuis déjà quelques années. Les lentilles, je les gardais du matin au soir, de six heures à vingt trois heures. Essayer, c'est adopter ! Et voilà qu'un jour, mes yeux ont dit stop. La cornée complètement irritée, l'oeil larmoyant. Bref, il a fallu se remettre aux verres. Mais en ski, le confort des lunettes laissait à désirer. Buée constante, sans parler des jours de grands froids où la peau de mon nez restait collée au métal de la lunette. Au bout d'un moment, j'en ai eu marre, et j'ai décidé de m'en passer pour aller faire mes sorties de ski. De toute façon, je ne risquais pas grand-chose, la neige amortirait toute éventuelle chute.
J'ai passé tout l'hiver ainsi, et je m'y suis habitué. De plus, avec la pratique, je connais les moindres virages et les parties délicates du parcours. Désormais, quand je m'entraîne, avec ou sans lunettes, à mes yeux tout est normal.
Le seul souci, c'est quand quelqu'un me fait signe, de loin. Sachant qu'à deux mètres, je ne distingue plus les traits, qu'à dix, les formes sont des ombres chinoises et qu'à vingt, je ne sais pas si c'est un sapin, un panneau ou un type qui est en face de moi, c'est très, mais alors très compliqué pour moi. J'arrive à m'en sortir au son de la voix, en mettant un visage sur ce que j'entends.
Mais parfois, c'est mission impossible.

-Euh... Lolo ? C'est toi ?...

mercredi 3 avril 2013

La vie de l'autre

On me demande parfois quelle est la part du réel et de l'imaginaire dans mes écrits. J'ai envie de reprendre un passage de mon livre (Et sinon,...) bien que j'imagine que tout le monde l'ait déjà lu.


« Un ami m’a demandé si j’avais réellement escaladé cette falaise de cent mètres rien qu’avec les bras, fait le tour de France à cloche-pied, traversé le lac d’Annecy en apnée…Quand je lui ai répondu que non, il a paru déçu. Par contre, il ne m’a pas demandé si j’avais réellement passé mon bac à treize ans. Faut croire que c’était un peu plus dur à faire avaler.
Le soir j’ai remis en question mes talents d’écrivain. Ce que je griffonnais était trop crédible pour pouvoir ne pas être crédible.
Pourtant, moi, ça me semblait évident. Entre Benoît Chauvet et Benoit Chauvet, la différence était énorme. Il aurait vraiment fallu être de mauvaise foi pour ne pas apercevoir que sur Benoît, il y avait le chapeau. En plus, vous imaginez, si je devais raconter ma vie, on serait à des lieues de ce que j’écris.
Non la mienne, en gros, c’est tout ce que je peux écrire, mais en bien pire ! »

Simplement pour dire que si je raconte que j'ai sauté de la branche d'un arbre, dites vous simplement qu'en fait, j'ai effectué un triple saut périlleux à haute altitude depuis la cabine d'un avion.

Et bien sûr, sans parachute !