Nouveau roman "Trois Petits Pas"

https://www.amazon.fr/Trois-petits-pas-aventures-Parisien/dp/2954203021/ref=sr_1_1

jeudi 24 janvier 2013

Avis de recherche


Je ne sais pas quand je l’ai perdue. Perdue, partie, volée, oubliée, tout se vaut, une chose est sûre, un matin, je me suis réveillé et elle n’était plus là. Pourtant, sans elle, j’ai l’impression d’être impuissant. Nous sommes faits pour nous accorder, elle et moi. C’est elle qui me permet d’aller vers l’avant, toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort. Mais je le lui rends bien. De toute façon, avec moi, ça a toujours été donnant donnant. Et puis voilà, depuis quelques jours, impossible de remettre la main dessus. Je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir changé mon comportement, je suis resté fidèle à moi-même. Très honnêtement, je ne comprends pas. Encore, si j’avais été rustre, passe encore pour le mot de travers dans un instant de colère, mais là, rien de rien. Je ne cesse de repasser en boucle le cours des évènements. Je reviens sur mes pas, dans l’espoir de la croiser, de nous retrouver. Si elle est partie de son plein gré, je ne sais pas ce qu’elle attend pour revenir. Inutile d’avoir peur, je lui réserverai de toute façon le meilleur des accueils. Je suis un gentleman, pas de doute là-dessus.
On me dit que ce sont des choses qui arrivent, que je n’ai pas à m’en formaliser, que si elle est partie, elle reviendra sûrement. Mouais, c’est ce qu’on dit. Moi, je suis un pragmatique, les théories, je laisse ça aux autres. En tout cas, s’il y a une chose que je déteste, c’est d’être devant le fait accompli. Sans oublier l’incertitude, celle qui vous ronge, vous torture. Les questions m’oppressent, j’en dors mal la nuit. Ça aussi, c’est terrible. Se réveiller au beau milieu de la nuit, voir les chiffres de l’horloge tourner, l’heure défiler, le cerveau en ébullition.
Oui, je sais, je n’ai pas d’horloge, mais ce n’est pas une raison. Je suis tout de même en proie à ces insomnies presque quotidiennes, et c’est dur à vivre. Le matin, j’ai le regard hagard, les yeux pochés, je me sens mou, sans énergie. Je traîne la patte, je n’ai pas faim, je ne suis pas dans mon assiette. Mais je n’y peux rien, je ne peux qu’attendre et chercher.
Alors je m’en remets à vous. Si jamais vous la croisez, si jamais vous la trouvez, dites le moi. Vous aurez droit à toute ma gratitude, voire, pourquoi pas, une prime extraordinaire. Et si jamais vous me l’avez prise par mégarde, autrement dit volée, je vous assure que je ne vous en tiendrai pas rigueur. On vol parfois à l’insu de son plein gré. Parlez-en autour de vous, faites une belle chaîne de solidarité, partagez ce message.
Mais, de grâce, quelles que soient les conditions de retour, je vous en prie…
Rendez-moi ma forme !
(Que nous puissions, vous et moi, rêver encore un peu ;o) )


lundi 14 janvier 2013

L'exception qui confirme la règle

J'étais plein d'orgueil. Je me voyais déjà auréolé d'une troisième couronne de suite, faisant valoir le proverbe, grimpant sur la plus haute marche du podium. Je suis parti course gagnée d'avance, volant sur les skis, filant vers la victoire à grandes enjambées, levant les bras une nouvelle fois en franchissant la ligne. Mais ç'aurait été oublier que le sport n'est pas une science exacte. Que l'on a beau faire et refaire maintes fois le scénario dans sa tête, lorsqu'on a un dossard sur les épaules, lorsque le chronomètre s'emballe, il n'y a plus de vérité. Parce que le sport n'est pas une science exacte, j'apprends une nouvelle fois que les prévisions sont inutiles, que l'effort est parfois ingrat, et que les heures d'entraînement s ne trouvent pas toujours récompense lorsqu'on passe sous la banderole d'arrivée.
Je suis passé à côté de ma course. Complètement. Ce sont des choses qui arrivent, ce n'était pas la première, ce ne sera pas la dernière. Ça fait un peu mal. Aux jambes, et puis aussi un peu à l'égo. Et surtout au portefeuille. Pensez bien, avec tout l'argent qu'il y a dans le ski de fond, j'avais misé toute ma fortune sur ma victoire, et ce faisant, j'imaginais vivre heureux jusqu'à mes cent ans.
Mauvaise nouvelle, j'ai tout perdu, et je vais devoir encore trimer quelques années en faisant le guignol par moins vingt, avec un collant, un bonnet et un dossard.
Mais la bonne nouvelle, c'est que... 
J'aime ça ! 


lundi 7 janvier 2013

Bonne année !

Aïe. On vient d'entrer en 2013. A priori, on devrait dire: bonne année ! Sauf que là, c'est 2013. Et 13, il paraît que ça porte malheur. J'ai bien dit: il paraît.
Je n'ai jamais été fétichiste. Non, vous imaginez bien, dans ce monde, ce serait de la folie que de l'être. Si je l'étais, à ce moment-là, je serais en train de vous écrire de ma grotte. Loin, très loin de la surface de la Terre. Parce qu'en 2012, c'était la fin du Monde. Oui, les Incas l'avaient prédit. J'aurais donc soigneusement préparé une retraite en lieu sûr, dans un bunker enfoui sous des tonnes de mètres cubes de terre. J'aurais préparé un potager, fait pousser des légumes. Et aussi un peu d'herbe qui fait rire, pour passer le temps, et personne ne m'aurait fait la morale vu que j'aurais été tout seul dans ce bas monde. J'aurais pris mes skis avec moi et les aurais accroché au mur, pour me souvenir de ce bon vieux temps où je faisais des courses sur ce machin blanc qu'on appelait neige. J'aurais sorti des tas et des tas de cahiers de brouillon et j'aurais écrit des centaines d'histoires. Des belles, bien écrites, qui auraient sans aucun doute eu le Nobel, le Goncourt et le Pullitzer. J'aurais ensuite tout brûlé pour me réchauffer, parce que là-dessous, sans chauffage, je me serais bien caillé. De toute façon, mes histoires, elles n'auraient pas servi à grand-chose vu que j'aurais été le seul à pouvoir les lire.
Et puis j'aurais fait comme Noé, en mettant de côté des couples de chaque espèce pour reconstruire ensuite le Monde. Sauf qu'à la fin, j'imagine que je me serais fait bouffer par le requin en voulant prendre un bain ou alors par un lion qui auraient eu une dent contre moi. Et tout ça aurait servi à quoi ? A rien.
Quoi qu'il en soit, 2013 n'aura pas changé grand-chose. Je fais toujours du ski, j'habite toujours dans une grotte dans les montagnes, il y a encore de la neige dans les montagnes, je me réjouis d'un plat de pâtes (le tout, c'est de bien l'agrémenter), je guette tous les dimanche la boîte aux lettres pour voir si j'ai obtenu le Goncourt, je m'extasie dans les journaux des grandes découvertes de l'homme (il paraît qu'on a marché sur la Lune?!). 
En somme, je suis heureux et je vous souhaite de partager ce même bonheur pour 2013.

PS: Un conseil à mes amis sportifs, surtout, éviter de trop réfléchir, un cerveau est lourd et plus on est lourd, moins on va vite!
PSS: les Incas, c'étaient vraiment de sales menteurs...



mercredi 26 décembre 2012

Père... Noël ?!


Depuis quelques semaines, la rumeur enflait. Au départ, les racontars sont sortis de la bouche des enfants. Quelques paroles banales échangées dans les cours de récré. Les mômes en rigolaient, rapprochant l’histoire à celle du petit chaperon rouge. « Loup y’es-tu, m’entends-tu, que fais-tu ?... ». Le gamin avait surpris une conversation. Il avait tendu l’oreille, mais savait que les mômes aimaient les histoires, qu’on y parle de Boucle d’Or ou de l’Ogre. Parce que les mômes aimaient qu’elles soient belles ou qu’elles fassent peur.
D’ordinaire, les racontars, le gamin n’y prêtait guère attention. Et puis un jour, en allant chercher le courrier, un feuillet malicieusement placé entre deux factures a attiré son regard. C’est à ce moment-là qu’il a senti une boule se nicher dans son ventre. Elle a grandi au fil des jours. Il en dormait mal la nuit, le sommeil agité par de nombreux cauchemars. Le corps trempé de sueur, grelottant, le gamin restait parfois de nombreuses heures éveillé à repasser en boucle ces nombreuses images inquiétantes. Il a commencé à perdre l’appétit. Autour de lui, les gens le trouvaient terne, effacé.  A de nombreuses reprises, on lui a demandé ce qui n’allait pas. Mais impossible de se confier, sachant que toutes les personnes autour de lui, ses amis, sa famille prenaient la rumeur avec légèreté. Il avait l’impression d’être seul au monde. C’est comme si le monde entier se fichait éperdument d’un fait aussi sérieux. Depuis une semaine, il n’est pas sorti de chez lui. Il a blindé sa porte, calfeutré ses fenêtres, il s’est barricadé dans sa maison. Il a dévalisé un supermarché pour constituer une bonne réserve de provisions. Il a piqué la carabine de son grand-père.
Depuis ce matin, 24 décembre, il est installé sur son fauteuil, tremblant, agrippé à sa carabine. En face de la cheminée. Il paraît qu’il va arriver par là. Oui, la nuit du 24 décembre, il paraît qu’un vagabond va rentrer dans les maisons. Pourtant, le conduit de cheminée, il n’est pas très grand. On pourrait à peine y faire passer un ballon de foot. Sauf que tout le monde raconte que l’intrus, même s’il est gros, a plus d’un tour dans son sac.
Le gamin réajuste son plaid sur les genoux, serre le canon de l’arme contre lui. Les jointures de ses doigts blanchissent, ses jambes tremblent un peu. Le regard fixé sur les braises, la bouche pincée, il se dit qu’il ne le laissera pas filer. Et que s’il croise son chemin, le sale gars va passer un sale quart d’heure…

mardi 18 décembre 2012

le chiffre 4


Le chiffre 4, je me demande s’il a une symbolique particulière ? Quatre, c’est deux plus deux. Un nombre paire, simple au premier abord. Pas difficile à retenir, vu qu’il est en tête de liste dans l’apprentissage des nombres, mais qui manque peut-être un peu d’arrondi. Oui, tiens, faudrait peut-être penser à lui arrondir les angles, entre le 3 et le 5, il fait un peu tâche. Un peu dur aussi dans les diphtongues. Quatre, il râpe la gorge, quand on le prononce. Oui, essayez de le prononcer. Vous verrez, les autres sont plus doux sur la langue.
Et en général, quatre, on dit que c’est la place du c..
La boîte (comprenez le podium), elle était encore juste devant. A quelques poussées de spatules. Une seconde. Et le haut de la boîte, à deux secondes. Mais comme je suis homme de proverbe, et que je l’avais déjà trustée deux fois ce début de saison, vu que jamais deux sans trois, je ne voulais en aucun cas faire mentir notre bonne vieille littérature française. C’est ça, c’est tout moi, je suis un gars honnête, et vu que j’essaie de me faire passer de temps en temps pour un homme de lettres, je ne pouvais pas passez à côté.
Et puis, il y avait aussi la gourmandise. J’ai toujours été friand de sucreries, de bonbons. Déjà, dans ma jeunesse, je dévalisais la boulangerie du coin avec des vieilles pièces de 10 Francs cachées par mes parents dans un tube de comprimés vitamine C. Je passe la déculottée quand mes parents ont découvert le tube vide. Bref, la place de 4, on dit aussi que c’est celle de la médaille en chocolat. Eh bien détrompez-vous, faut pas croire les racontars. Rien. Que nenni. Même pas en rêve. La médaille en chocolat, je n’en ai pas vu la couleur.
J’ai donc fait 4. Pour rien. Ah oui, ce que j’oublie de préciser, c’est que le vainqueur, il a tout gagné, championnats du Monde et Jeux Olympiques. Que le deuxième, il est Champion du Monde en titre. Et que le troisième, il a déjà gagné une Coupe du Monde.
Et moi, dans tout ça, j’ai fini 4ème.

samedi 8 décembre 2012

Un week-end de course

Hier, je m'en suis allé en Suisse.
J'ai abandonné ma belle au chalet dormant. 
J'ai bravé les routes enneigées de la Yaute.
J'ai conduit par moins dix dans une voiture qui n'avait pas le chauffage.
J'ai croisé le yéti, au col des Montets (enfin, cette bosse blanche, j'imagine que c'était lui, enseveli sous quatre mètres de neige).
Je suis arrivé dans ce pays où les gens ont un accent bizarre, parlent au ralenti, et disent septante, huitante et nonante.
Non content de parler au ralenti, ils conduisent aussi au ralenti, alors j'ai mis deux fois plus de temps pour arriver à destination (à moins que ce ne soit à cause de cette neige qui n'a pas cessé de tomber).
Et enfin, j'ai chu dans une demeure pour les jeunes, qualifiée "d'auberge de jeunesse", alors qu'on ne cesse de me rappeler que je suis un vétéran.
Et tout ça pour quoi ? Pour une course de ski de fond. Encore une.
Il y a quelque chose qui ne va pas, dans cette histoire. 
Oui, ça doit être moi.

PS: Et j'ai couru ce matin. Et parce que le vieux est parti trop vite, il a calé par la suite. (ça, c'était pour la rime. Mais pendant un tour, j'ai quand même cru au podium!)