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mardi 27 octobre 2020

Grand Trail du Lac, suite et fin.

 

Alors, j’en étais où ? Ah oui, la dernière partie de l’histoire.

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

Je sais, je radote, l’histoire de l’histoire qui n’est pas la bonne, je vous l’ai déjà faite.

Alors voilà, j’ai perdu mes précieuses minutes, terminé la première grosse descente, rattrapé quelques concurrents, je suis à fond, et je me demande comment tout cela va se terminer. J’ai une foulée magnifique, je vole plus que je ne cours, et lorsque je jette un coup d’œil à ma montre et qu’elle indique que je fais laborieusement du seize à l’heure alors que j’ai l’impression d’être à vingt-deux, je comprends que le calvaire bonheur ne fait que commencer.

J’arrive au deuxième ravitaillement, mes deux acolytes se demandent si j’ai fait un plongeon dans le lac pour avoir perdu autant de places. Quand je repars, je les entends soupirer que la fin de course risque d’être longue (surtout pour eux).

Vraiment très longue, lorsqu’ils me voient arriver au ravito suivant en marchant, mon genou grince, les jambes sont dures. Oui, je galère, et j’entends dire que derrière, beaucoup de favoris ont déjà abandonné. J’en suis à cinquante kilomètres de course, avec un lancinant rappel de l’Echappée Belle. Vingt-cinq bornes, c’est ce qu’il me restait il y a moins de deux mois lorsque j’ai posé le dossard. L’idée est tentante.

Je croise des familles qui ramassent les châtaignes et cueillent les champignons, je les envie, mais d’un autre côté, personne ne m’a obligé à être ici. Alors je continue, je n’ai pas le choix, sinon, ça va être ma fête à la maison en rentrant ce soir. Deux abandons en deux mois alors que je n’avais pas abandonné la moindre course en dix ans, ça allait faire tâche… à quoi ? Mon minuscule palmarès ? Mon orgueil ?

Je ne cessais de repenser aux huit dernières minutes avant de m’inscrire sur la course. Aux huit minutes perdues lors de mon plantage. Je venais de me faire doubler par deux concurrents, et devinez en quelle position j’étais à ce moment ?

Bah non, neuvième.

J’ai retrouvé mes deux ravitailleurs au kilomètre 59, il me restait 900 mètres de dénivelé et 16 bornes. La montée ne me faisait pas vraiment peur, j’appréhendais plutôt la descente de 1300 mètres de dénivelé, d’autant plus qu’à ce moment, je courais davantage dans les montées que dans les descentes. Et là, allez savoir pourquoi, le corps s’est débloqué. J’ai pris trois coups de fouet. Je vous arrête tout de suite, ne m’imaginez pas avec une boule dans la bouche, une chaîne autour du cou et en combinaison en cuir moulante et train de me faire flageller par Isa, vous n’êtes pas sur le bon site. S’il y a un aliment Cr’oc and go indispensable, autant pour les papilles que pour le regain de forme, c’est bien le coup de fouet. L’idée, peut-être, de ne plus avoir de plat. Il y a eu une montée d’adrénaline, occultant la longueur, la douleur, la langueur. J’aimerais vous raconter que j’ai doublé tous mes concurrents, que j'étais aérien, que c’était beau à voir, mais rien n’a changé ou à peine, j’ai juste gagné quelques kilomètres heure, j’ai pu courir durant toute la descente, et pour moi, c’était déjà un sacré succès. J’ai fini par voir la banderole d’arrivée, la famille était là, et lorsqu’ils se sont mis à courir (plus vite que moi) pour m’accompagner jusqu’aux derniers mètres, je me suis dit que la prochaine fois, j’irai faire une sortie piscine, j’aurai au moins une chance de les semer. Encore que…

Quand j’ai vu ma place, j’ai eu un sourire. J’ai repensé aux huit minutes de l’inscription, aux huit minutes perdues sur la course. Parce que bien sûr, vous vous doutez de ma place.

Septième, bien entendu !






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