J'ai pris un coup de
blues. Il est arrivé comme un coup de froid, en réponse à ma
demande de sélection en vue des Jeux Olympiques. Cette annonce n'est
malheureusement pas un coup de Trafalgar, même si, au fond de moi,
je continuais à vouloir y croire. Un coup de fil lointain,
m'annonçant clairement les choses. Au premier échange, j'aurais
tant voulu que cette annonce soit un coup pendable.
« Eh non,
Monsieur Chauvet, vous n'avez pas le droit de participer aux
présélections qui vous permettraient de participer ensuite aux
sélections pour d'éventuelles sélections pour les JO ».
Pas de coup de théâtre.
Le message m'a été transmis en coup de vent.
Alors oui, j'accuse le
coup. A mes yeux, tout cela prend des airs de coup de Jarnac. Tant de
si, d'un conditionnel qui réduit mes ambitions en cette année
Olympique. Un constat délicat, qu'il est parfois simple de compliquer des choses simples. Pourtant, je n'avais pas
besoin de coup de pouce, j'aurais voulu que mes résultats passés
parlent d'eux même.
Aujourd'hui, j'aimerais
pouvoir pousser mon coup de gueule. Dire que je trouve cela dommage,
que j'aimerais que le sport véhicule ses belles valeurs sportives, avec uniquement le chrono et le gars qui court à sa poursuite.
Si j'étais politicien, j'aurais monté mon armée pour faire mon coup d'état.
Je l'aurais fait sans coup férir. Mais je n'ai que mon armée
d'idéaux, et les idéaux ne changent pas le monde en quelques
instants. Si j'avais eu un penchant pour l'alcool, j'aurais noyé mon
désespoir en buvant un bon coup. Mais avec un coup dans le nez,
j'aurais peut-être dérapé et fait comme ce bon Zizou, mettant un
bon coup de boule dans l'affaire, faisant trembler la table d'un coup
de poing.
Pourtant, je ne cesse d'y
croire. Que faire d'autre ? Ce coup de frein, je le laisse de
côté. Il y a toujours l'espoir qui subsiste, celui de réaliser un
coup de maître sur les skis, sans coups bas. Alors du coup, je tiens
le coup, je laisse de côté ce coup de pompe, passager, et je
reprends les seules armes que je connaisse, mon courage et mon corps,
je m'en vais traverser ce coup de tabac avec l'ambition de revenir
toujours plus fort. Sans coup d’œil en arrière.
Petit lexique pour ceux
qui ont la flemme de prendre le dico:
Coup de Jarnac :
coup violent, habile et imprévu
Sans coup férir :
sans rencontrer de difficulté
Coup de Trafalgar :
événement inattendu bien fâcheux
Coup de tabac :
événement brutal aux conséquences lourdes
Coup pendable :
mauvaise plaisenterie