Nouveau roman "Trois Petits Pas"

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mardi 12 mai 2026

Un jeudi comme les autres

Ce matin, en écrivant ces quelques lignes, les yeux bouffis du manque de sommeil et les jambes endolories, je me dis que la vie n'est pas un long fleuve tranquille.
Que le boulot de parent n'est pas facile et qu'on ne réfléchit pas toujours aux engagements qu'on prend auprès des enfants.
Jeudi, nous avions promis à Lucas (notre deuxième) un bivouac avec ses camarades pour fêter son anniversaire. Heureusement pour nous, jeudi était justement la seule journée de la semaine à nous proposer une météo clémente.
Achat de saucisses, chamallow à faire griller (parce que bien entendu, en bons vadrouilleurs, nous allions préparer un petit feu, grande source de motivation pour les enfants), préparation du sac et à 18h, nous étions prêts à aller crapahuter quelques kilomètres pour rejoindre notre lieu de campement. Il va sans dire qu'au bout de dix minutes de transpirée, j'avais déjà droit à l'éternelle question, qui sonna bientôt sans relâche: "Quand c'est qu'on arrive ? "
Ok, les marmots, il va falloir donner un peu de votre personne, parce qu'un feu, ça se mérite !
C'est donc gaiement (ou pas, quand les enfants ont une idée en tête -raccourcir distance et temps de trajet pour jouer enfin avec des allumettes-), que nous avons traversé une partie de la forêt pour arriver au lieu Saint.
Vous imaginez bien que la première chose que les enfants ont fait en arrivant, c'est aider à monter les tentes, installer le campement, déblayer le sol des cailloux... Dans nos rêves, oui. 
-Papa, tu nous donnes les allumettes ?
Peu après, les flammes crépitaient dans un ciel accueillant, loin des orages et des averses prises en début de semaine.

Jusque là, topo à peu près classique et sans grand intérêt, qui pourrait vous soutirer l'esquisse d'un sourire en coin. Amis lecteurs, ne partez pas tout de suite vaquer à d'autres occupations, c'est là que ça va se corser.
Nous étions deux adultes et sept enfants. Trois tentes. Les enfants ayant une dizaines d'années, nous les avons estimés suffisamment grands et raisonnables pour avoir leur propre tente sans surveillance d'adulte, à savoir une tente de filles, une de garçons, et la nôtre juste à côté. Avec extinction des feux (façon de parler) à vingt-deux heures. Nous avions bien entendu promis aux autres parents que nous ramènerions leurs enfants frais et dispos pour le lendemain. 
Papa est un doux rêveur (raison pour laquelle il aime tant écrire) et maman dira qu'il lui déteint dessus. Parce qu'à vingt-trois heures, les enfants braillaient encore à tue-tête dans leurs tentes respectives, faisant fî des consignes parentales. Et cadrer un enfant ou deux lorsqu'ils sont juste en face de vous, passe encore, mais imaginez sept monstres loin des yeux, princes de leur royaume ?!

Ce petit monde a quand même fini par s'endormir. Sauf qu'à deux heures du matin, la pluie est arrivée. Et que, voyant la nuit claire et étoilée lorsque nous avons fermé les toiles, ni Isa ni moi n'imaginions que quelques gouttes viendraient se mêler à l'histoire, et beaucoup d'affaires traînaient dans l'herbe, attendant sagement notre réveil matinal.
Au moment où je me suis décidé à sortir, les gouttes se sont calmées et ma flemme a eu raison de mon entrain. Une averse passagère. Sauf qu'une heure plus tard, il pleuvait à verse. Réveil en sursaut pour aller ranger ce qui pouvait être sauvé.
Retour dans la tente.
Nouvelle tentative pour s'endormir.
Sauf... qu'à quatre heures, ma tendre moitié, n'y tenant plus, doit aller faire son petit pipi matinal. Ma place étant devant l'entrée, voilà qu'elle me marche dessus, m'écrase comme il se doit, à l'aller comme au retour, me sortant de Morphée que je venais tout juste de trouver.
A quatre heure trente, un hélico a fait chanter ses pâles pas loin de nos têtes.
Se rendormir, et vite. Tout le monde sait que lorsqu'on est parent, le sommeil est précieux et que chaque minute est indispensable avant le...
réveil des enfants. Cinq heures du matin. Je ne vous mens pas. Cinq heures. Pas une minutes de rab. Une voix émane d'une des tentes.
HÉ LES MECS ON SE RÉVEILLE !!!!
J'ouvre un oeil. Non, par pitié, pas ça. 
On a essayé de donner de la voix. Autant demander à des muets de brailler sur des sourds. Mais croyez-le ou non, le silence est revenu au bout de trente minutes.
Sauf que (sinon ce serait pas drôle), les piafs sont arrivés à ce moment-là. Et vas-y que je chante à tue-tête. Malgré l'incroyable isolation des tissus qui nous abritaient (double toiles, c'est pas rien), c'est comme s'ils chantaient à l'intérieur des tentes.
A six heures, les piafs se sont arrêtés, mais les mômes ont repris le relais.
A sept heures, les monstres couraient dans tous les sens, on a compris que notre nuit était définitivement terminée.
On a ramené tout ce petit monde à la maison. 
Puis les parents sont venus récupérer leur progéniture. La maison s'est vidée. Je sais pas pour les autres parents, mais nous, on a mis nos enfants au lit. 
Le silence est revenu.
On s'est regardé avec Isa. Et d'un commun accord, on s'est dit : PLUS JAMAIS.
Enfin, jusqu'à l'année prochaine.






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