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vendredi 7 juin 2024

Top 10 à la MaxiRace - Partie 3

Ce que je retiens de l'ambiance de départ de la MaxiRace, c'est sa première ligne droite au bord du lac, au petit matin. Les éméchés du vendredi soir cuvent leurs derniers verres aux premières heures du matin.
Cette année, le départ a été retardé. 2h45 les dernières éditions. 4h45 ce matin, ce qui n'empêche pas un ou deux alcoolos de s'époumoner quelques instants à nos côtés. Vient rapidement la montée du Semnoz, les premières pentes pour un premier sommet, avalé en un peu plus d'une heure et demie. Arrêt aux stands, Titouan a mis son vélo de côté, il me jette des flasques, de quoi manger, je repars à la va vite sans avoir rien rangé, j'en ai plein les mains mais que ne ferait-on pas pour grapiller quelques secondes. A la bascule, j'ai déjà plusieurs minutes de retard, trois ou quatre, j'espère juste ne pas trop en perdre dans la descente.
Surprise mille mètres de dénivelé plus tard: je n'ai quasiment rien perdu sur la tête. Juste une ou deux minutes, mais pour moi, c'est un exploit, d'autant plus que j'ai géré ma descente. Dans ma tête, je me répète sans cesse: mange et sois calme. Une boucle qui n'arrête pas de tourner pour occuper mes pensées.
Passage du Col de la Cochette, descente sur Entrevernes. Tout va bien... Un panneau annonçant un point d'eau à 500 mètres, la pente est moins raide, j'allonge la foulée... et je la raccourcis aussitôt. 
CRAMPES!!!
Non, c'est pas vrai, pas déjà. Trois heures et demie depuis le départ. Je sens que la suite va être difficile. Sur les crêtes d'Entrevernes, ma jambe gauche se tend sans que je ne lui demande rien, je claudique, Ben le Pirate est de sortie. 
Je modifie la foulée, je bois, je repense à ce que j'ai dit à Titouan la veille concernant les cachets de sel, et je prie pour qu'il les ai mis dans son sac.
Une heure plus tard, je suis à Doussard. Isa a rejoint Titouan, je passe en 7ème position.
-Vous avez du sel?
-Du quoi?
-Du sel, les cachets de sel.
Titouan fouille, Isa me change mes flasques, les secondes défilent. Titouan sort un petit tube d'électrolytes, derrière un couple s'engueule au sujet d'une place "et pourquoi tu me cries dessus avec tout le monde autour", la fille tremble, le mec l'engueule, puis la fille l'engueule, et moi je regarde le petit tube d'électrolytes en me disant que c'est pas avec ça que je vais faire disparaître mes crampes. Le chrono continue de tourner, 2mn30, deux claques dans le dos, allez, vas-y mon Ben, je repars en remettant ma chanson du jour mange et sois calme, elle va être longue cette journée si je n'ai que cet air en boîte.
J'avance, je m'éloigne.
Isa et Titouan me regardent partir. M'encouragent. La pression retombe.
Tout à coup, les neurones se remettent en route. Isa regarde le sac de nourriture.
-Euh, tu lui a donné à manger toi?
Petit blanc.
-Non... et toi ?
Gros blanc.
Mes oreilles se sont mises à siffler. J'ai commencé à palper mes poches. Celles de mon short, puis celles de mon sac. 
Vides.
Sueurs froides. Hormis de la boisson énergétique, j'étais reparti sans rien. J'avais un peu moins de trente kilomètres à tenir avant le ravito suivant, trois heures de course. Fallait que ça tienne.
Col de la Forclaz, chalets de l'Aulp. Col des Nantets... Je fais une bonne descente sur Alex, devant, la 5ème place n'est plus qu'à 3mn30, je perds peu de temps sur la tête, et je me prends à rêver d'un top 5.
Sur le trajet, c'est la fête à la boue. Sur certaines portions, je n'en ai jamais vu autant. Les pieds s'enfoncent jusqu'aux mollets.
Menthon, 7h55 de course.
Plus de traces de crampes, par contre, les pieds commencent à chauffer. Bizarrement, je n'ai pas eu de coup de moins bien, je me dis que la gestion a été bonne. Mange et sois calme a fait son effet, même si je n'ai rien mangé depuis trente bornes.
Je fais le plein et je repars, plein d'entrain.
C'est à ce moment là que je commence à payer mon erreur de débutant, ma précipitation à Doussard. Dans la montée du Veyrier, j'ai un gros passage à vide. Je sors un peu de ma course et pense à mes pieds. Je me dis qu'ils seraient mieux à l'air et que moi, je serais mieux à faire des pâtés de boue. C'est la fête à la gadoue, ça glisse dans tous les sens, je bénis mes bâtons et, tant bien que mal, j'arrive au sommet du Veyrier. Deux places perdues.
Je marche en crabe, j'ai les pieds en compote, la descente me paraît interminable mais j'arrive finalement à bon port au Petit Port. 
Ben, steuplaît, arrête avec tes jeux de mots à deux balles (ça c'est la petite voix dans ma tête).


Une dernière ligne droite sous la holà des spectateurs, et je sonne enfin la cloche d'arrivée. 10h09 de course.
Le soir, j'ai proposé à Isa un film d'horreur. Je lui ai montré mes pieds. Ça a marché, elle a fait des cauchemars toute la nuit.



Depuis, c'est la première fois que lors d'une soirée câlin, on me demande de garder mes chaussettes. Je comprends plus les femmes....


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