Au milieu de la nuit, le vent se met à jouer avec la toile de tente. L'instant d'après, une vive lumière éclaire nos abris de fortune, suivi du tonnerre, si proche qu'il fait trembler le sol. La nuit sera une succession d'éclairs et de coups de vent, fouettant inlassablement nos abris sommaires. Nuit courte, cela va sans dire. Pluie parfois diluvienne, qui nous pousse au farniente le matin. L'aiguille de la montre tourne, je jette un coup d'oeil régulier à l'exterieur, espérant une accalmie proche. Non loin de là, la neige a blanchi les sommets. Personne n'a envie de bouger, le vent est si fort qu'on entend à peine les enfants dans leur tente à côté.
Pour ce périple, nous avons deux tentes, les enfants ont la leur, plus petite et plus légère (moins de 900g pour une double toile) . J'ai bien farfouillé avant de partir pour trouver notre bonheur. Une marque peu connue en France, sauf que nous n'avons pas pu les essayer sous grandes eaux avant de partir, je n'avais qu'une appréhension, que nous nous retrouvions trempés sous fortes pluies. Elles ont heureusement passé le grand test.
Une accalmie semble se dessiner. Tout le petit monde se regroupe dans la "grande" tente pour le petit déjeuner. Crêpes, chocolat chaud, oeufs au bacon, muffins, la totale, quoi. Sauf que ça, c'est ce que j'ai vendu aux enfants pour les faire se bouger. Le petit déjeuner, c'est comme d'hab, pain raci et eau glacée. Pour le reste, faut juste avoir une bonne imagination.
Sacs sur les épaules, on arrive dans la Vallée Étroite.
-Papa, y'a la guerre?
Faut croire. La vallée est envahie par les Italiens. Dommage qu'il soit si tôt, sinon on aurait festoyé dans l'un des gîtes sur le parcours. Les Italiens savent remplir les assiettes, c'est bien connu. Mais le pain raci ingurgité le matin est en train de se dilater avec l'eau dans l'estomac, aucun de nous n'a faim. Isa commence à être claquée, elle rêve d'une journée de repos. Juste avant le col de l'Échelle, on tombe sur un couple de Jurassiens. On parle de la Transju, de la vallée de Névache, et à peine repart-on qu'ils offrent aux enfants une grande brassée de barres de céréales.
Éléa et Lucas ont le sourire jusqu'aux oreilles, et on se permet de leur piquer une barre dans leur sac, mais chut, pas pas leur dire. Passé le col de l'Échelle, on débouche sur la vallée de Névache. Il est temps de faire un point. Briançon paraît inatteignable, et après quelques coups de téléphone, on nous annonce un mobil-home disponible à... 15km. C'est loin, mais la piscine du camping réussit à motiver les enfants. Et les adultes aussi. 3 heures plus tard, les pieds en surchauffe, c'est le bonheur. Enlever les sacs, se commander un énorme Burger frites et dormir dans un lit en se fichant éperdument de la météo.
C'est donc au 9ème jour que nous n'avons RIEN fait (Ah si, on a tiré à la courte paille, j'ai du me coltiner la corvée ravitaillement à Briançon)
Petit coucou des jurassiens Gilles et Annie félicitations à vous quatre pour ce super défi que de bons souvenirs malgré les difficultés que vous avez rencontré, grosses bises
RépondreSupprimer