Il y a désormais un peu plus d’un an, lorsque les enfants ont émis
le projet de partir de la maison pour aller à pied jusqu’à la
mer, j’avais une excuse en béton.
« Oh dommage,
j’peux pas, j’ai cancer », avais-je dit avec un grand
sourire contenu.
Avouez que ça en
jetait un peu plus que le fameux « j’peux pas, j’ai
piscine ! »
Et pourtant…
Après les
traitements lourds, viennent les injonctions à aller bien, à être
comme avant. Et puis le cancer du sein, c’est un petit cancer hein,
ça se soigne bien. Combien de fois entend-on cette phrase ?
Chaque jour, ce sont pourtant 40 femmes qui meurent de cette maladie
en France. Un petit cancer ??? Des traitements qui marchent
certes , mais qui sont si lourds et qui laissent tellement de
séquelles…
S’il y a un avant
cancer, il n’y a pas d’après. Les oncologues nous parlent de
rémission. On est guéri mais pas vraiment. Les cicatrices, les
tatouages de radiothérapie, la chambre implantable qu’on nous
laisse au cas où, les kilos en plus, nous le rappellent chaque jour.
Et puis, vient le
moment de retourner travailler et la fameuse visite chez le médecin
expert qui va décider de notre sort…
« Ben dites
donc, avec une échographie cardiaque pareille, vous ne risquez pas
de monter la Tournette en courant ! »
Première approche
de psychologie positive. (La chimio a eu la mauvaise idée d’attaquer
quelques-unes de mes cellules cardiaques)
Puis étude de mes
résultats d’analyse de thyroïde.
« Ben, vous
voyez quand la thyroïde fonctionne mal, il y a deux possibilités.
Soit vous devenez le chat de gouttière tout maigre qui s’agite
dans tous les sens pour chasser les souris, soit vous vous
transformez en gros matou obèse qui les regarde passer bien au chaud
devant la cheminée. Eh bien vous, vous êtes le chat obèse. »
Deuxième approche
psychologique.
J’ai été comme
qui dirait un peu blessée, voire carrément vexée.
Le gros chat obèse,
il ne monterait peut-être pas la Tournette en courant, mais il
marcherait avec ses deux petits derniers jusqu’à la mer.
Voilà, comment
l’histoire a commencé en ce qui me concerne. Il allait voir ce
qu’il allait voir ce…
J’avoue que
j’avais beaucoup de doutes sur mes capacités. Je suis en effet
désormais craquante, pas par mon charme mais par mes articulations
qui craquent au moindre mouvement et sont douloureuses. Mais le
séjour à « à chacun son Everest » est arrivé. Ce
séjour à Chamonix, il ne se raconte pas, il se vit. Chaque
participant, qu’il soit femme ou enfant vous dira la même chose,
c’est juste une parenthèse extraordinaire. Et une superbe remise
en confiance.
Cette traversée des
Alpes, nous la ferions au profit de l’association car ça lui
donnait un vrai sens et parce que j’avais l’impression de faire
quelque chose d’utile.
J’avais
complètement confiance en Benoît pour la logistique (oui, la chimio
ça grille aussi quelques neurones). Bon j’avoue que quand j’ai
vu arriver les deux tentes minimalistes moins d’une semaine avant
le départ, j’ai eu quelques doutes. J’ai douté encore plus
quand il a vidé les sacs que j’avais rempli car c’est deux
paires de chaussettes et pas trois qu’il fallait. Adieu la petite
robe légère pour l’arrivée sur la côte d’Azur !
Et puis Ben, c’est
un optimiste sans limite. Quand nous, on sort les jambes lacérées
de son « raccourci », lui a l’impression d’être
Indiana Jones, quand il fait 10 degrés dehors, il trouve la douche
dans la rivière glacée tellement agréable (c’est bien connu, le
froid ça brûle donc ça réchauffe), la toile de tente qui nous
gifle toute la nuit pendant la tempête, ça le berce, les feuilles
des arbres, c’est tellement plus doux que le papier toilette.
Oui, on est d’accord
on est pas tous fait pareil.
Mais on y est
arrivé, à rejoindre la Méditerranée. Durant cette traversée,
j’avoue que je n’ai pas toujours eu envie de sourire. Mais
l’enthousiasme d’Eléa et Lucas et l’entraide familiale ont été
mes piliers.
Cette traversée, ce
n’est pas une victoire, c’est une ode à la résilience.
Il faut croire en
notre capacité à surmonter les traumatismes, il faut croire en soi.
« First I was
afraid, I was petrified… I will survive », chante Gloria
Gaynor. Oui, on a peur souvent, mais on survit.
J’ai une grosse
pensée pour les déesses de Chamonix et mes deux amazones
pailletées, pour Laurène, Isa, Cathy, Nelly, pour la jeune
Anne-Lise.
Je pense à Audrey,
Fleur, Monique parties bien trop tôt.
À Annabel qui
continue en ce moment de se battre en soins palliatifs.
À Cécile qui ne
lâche rien.
Merci à ma famille,
à Ben, mes quatre enfants et mes parents d’avoir cru en moi.
Merci à vous tous
pour vos encouragements, pour votre soutien, pour les belles
rencontres, pour les sourires.
Merci à tous mes
acteurs de soins de support...
Merci pour vos dons,
ce sont de nombreux sourires d’enfants ou de femmes que vous
offrez.
La cagnotte est encore en ligne, au départ, nous avions fixé 3000€ pour objectif. Nous avons déplacé l'objectif à 5000€, espérant atteindre cette autre but. Elle est ici, l'intégralité est reversée à "A chacun son Everest", et votre don est déductible des impôts. On y croit ! Un petit saut sur le lien ci-dessous :o)
Je terminerai par
les paroles d’Hugues Aufray, un des administrateurs d’« à
chacun son Everest »
« La Terre est
si belle, le ciel est si grand... »
Allez-y, partez à
la rencontre de notre Terre, et surtout Vivez !
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la fameuse "borne 0" |
Whaouuu Isa , je n’ai pas de mot suite à la lecture de ton texte, ah si un et un seul RESPECT celui qui va le mieux. Tu m’as mis les larmes aux yeux, je ne sais pas si Christine Janin est toujours dans l’association mais la connaissant elle doit vraiment être fière de toi et Toi tu peux vraiment être fière…FORCE ET RESPECT ISA , des gros bisous à Toi et tout les quatre 😘😘😘🤩🤩😘😘
RépondreSupprimerUn grand merci pour ce message
SupprimerBonjour Isa , merci pour tes mots très forts , je ne te connais pas mais je suis le blog de Benoît depuis très longtemps et ai partagé des courses à pieds avec lui , je savais qu'il ne se lançait pas dans cette aventure avec femme et enfants sans réfléchir aux aléas d'un tel périple (quoique avec un Chauvet on s'attend tout de même à des "gags"..... ) mais voilà vous avez réussi votre challenge et c'est une belle leçon de vie pour vos enfants , au delà de la performance physique ils ont aussi acquis la valeur des forces mentales indispensables pour affronter la vie et doivent être fiers du courage de leur Maman et doivent être aussi rassurés sur sa santé . Tout mon respect et mon admiration à votre petite famille .
RépondreSupprimerMerci beaucoup Lucile, ce message nous touche beaucoup
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