En face de nous, le Mercantour. Notre dernier grand Parc avant la Méditerranée. Nous savons qu'il nous faudra plusieurs jours pour le traverser. Aux portes du parc, un bus fait des allers-retours pour vomir les marcheurs par dizaines et dizaines. Ça faisait longtemps que nous n'avions plus vu tant de monde sur les chemins. Le départ a été tardif ce matin. Il était plus de neuf heures lorsque nous avons mis la machine en route. Une heure de marche pour atteindre ce vallon du Lauzanier, où seule la navette peut accéder, afin d'éviter le trafic routier.
La marche est relativement facile, nous longeons l'Ubayette, puis faisons halte peu avant un lac, les petits préférant jouer dans l'eau vive à construire barrages et maisons pour insectes (leur nouvelle occupation depuis quelques jours). Au fil des cols, ils deviennent difficile à suivre. Ils mènent train devant, nous, on essaie d'accrocher les wagons comme on peut, baissant la tête en espérant qu'il ralentissent le rythme avant le sommet. Au passage du Pas de Cavale, nous faisons un tour d'horizon.
-On va bientôt voir la mer ?
Je désigne un sommet au loin, le mont Mounier. Je leur dis que de là-haut, on la verra certainement.
-C'est celui qui est comme quand on est sur la Lune?
Oui, si mes souvenirs ne me trompent pas. J'étais alors accompagné par Clara, l'une de mes petites soeurs, qui m'avait rejoint à Larche. Nous avions marché six jours pour rejoindre Menton.
Nous rejoignons la route qui descend de la Bonnette. Je savoure le vent, un souffle sur les hautes herbes pour en faire des vagues de champs, et au bruissement de l'herbe s'ajoute le chant des sauterelles. Après plus de 300km, les corps commencent à fatiguer. Surtout nos corps de vieux, les enfants, eux, s'endurcissent à chaque pas. Les premières étapes ont été les plus dures pour leurs petites jambes, désormais, ce sont eux qui nous tirent et emmagasinent tous les points à chaque passage de cols. Envolée, l'idée d'enfiler le maillot à pois rouge du meilleur grimpeur.
À Bousiéyas, ravitaillement crêpes et saucisson. C'en est terminé pour la journée. Nouveau passage en eau glacée en guise de douche, puis extinction des feux bien avant le coucher du soleil.
Vient alors l'étape d'après. Dans la montée du col de la Colombière, Isa sent une tension sur sa cheville. Moi, c'est le genou. Les kilomètres défilent et le mal empire. À midi, la descente sur Saint-Étienne-de-Tinée nous paraît interminable. Notre halte durera deux heures, difficile de repartir. Pourtant, nous savons qu'à Auron, un logement nous attend. Une réservation de dernière minute dans la station pour changer de la tente et prendre une journée de repos. Nous arrivons tant bien que mal dans le village, Isa prend un rendez-vous ostéopathe pour le lendemain, j'en ai un pour le surlendemain, et au moment de se mettre au lit, le moral est un peu en berne. Pour couronner le tout, Éléa a mal au ventre la nuit et le matin commence avec les vomissements. La gastro qui tombe à point nommé 🙄
Là, je crois qu'on va avoir besoin de toutes les bonnes ondes pour nous aider pour la suite...
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Vallon de l'Ubayette |
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Lac de Lauzanier |
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Vue depuis le Pas de Cavale |
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Montée au Col de la Colombière (l'autre... Les hauts-savoyards comprendront) |
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Descente du pas de Cavale |
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Auron ! La mer se profile 🙂 |
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Rossignol est partout 🙂🙂🙂 |